La Bourse suisse a démarré la semaine avec prudence lundi, écartelée entre les annonces de politique monétaire aux Etats-Unis, le conflit au Proche-Orient et la crise du secteur immobilier chinois. En Suisse, Holcim et Julius Baer retenaient l'attention des investisseurs, alors que la saison des résultats va s'accélérer dans les prochains jours.
La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé vendredi soir, digérant à la fois des perspectives décevantes dans le secteur des semi-conducteurs et des nouvelles positives de l'inflation avant une semaine cruciale avec la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed.
Selon les chiffres de l'inflation aux Etats-Unis (indice PCE), la hausse des prix est restée à 2,6% en décembre sur un an. Sur un mois cependant, elle est repartie à la hausse, les prix augmentant de 0,2% par rapport à novembre. «Tous les yeux sont rivés en ce début de semaine sur la réunion de la Fed mercredi soir et le rapport sur l'emploi américain vendredi», a souligné John Plassard de Mirabaud Banque dans un commentaire.
Les prix du pétrole étaient aussi dans le collimateur des investisseurs, le Brent se négociant à 83,83 dollars (+0,3%) et le WTI à 78,34 dollars (+0,4%). Les tarifs de l'or noir ont marqué «une deuxième semaine consécutive de hausse, atteignant leur niveau le plus élevé depuis près de deux mois», a relevé M. Plassard. «Les tensions persistantes au Proche-Orient créent de plus en plus d'incertitudes sur le marché du pétrole», ont averti les experts de LBBW Research. Dans une nouvelle escalade des violences, trois militaires américains ont été tués et 25 blessés dans une attaque au drone en Jordanie, contre laquelle le président américain Joe Biden a promis de répondre en pointant des groupes pro-Iran, ce qui «renforce les craintes quant à une extension du conflit», selon les spécialistes de la banque allemande.
L'immobilier chinois sous tension
Le secteur immobilier devrait également être sous tension. Un tribunal de Hong Kong a en effet ordonné la liquidation du géant immobilier chinois en difficulté Evergrande qui a échoué à présenter un plan de restructuration convaincant, un symbole des déboires du secteur en Chine. Le groupe a été le plus grand promoteur immobilier de Chine, mais il a accumulé les dettes jusqu'à montrer un passif de plus de 300 milliards de dollars.
A 09h05, le SMI gagnait tout juste 0,06% à 11'396,70 points, après avoir pris 1,62% à la clôture vendredi soir. Le SLI baissait par contre de 0,04% à 1814,29 points et le SPI égarait 0,06% à 14'829,73 points.
Une majorité des valeurs vedettes se drapait de rouge, Straumann (-1,8%) et Alcon (-1,7%) figurant en bas du tableau.
Julius Baer (-1,5%) affichait aussi l'un des plus importants replis. Selon la presse dominicale, le gestionnaire de fortune pourrait annoncer jeudi, lors de la publication de ses résultats annuels, un amortissement «d'environ 400 millions de francs, éventuellement plus», lié à l'investisseur autrichien en difficultés René Benko. Ce montant est nettement supérieur à ce qui avait été précédemment annoncé par la banque.
A l'autre bout du classement figurait Holcim (+5,9%). Le géant des matériaux de construction prévoit d'autonomiser et d'introduire en Bourse ses activités en Amérique du Nord d'ici la première moitié de 2025. Un nouveau patron doit par ailleurs prendre les commandes de la multinationale zougoise.
Novartis (+0,8%), Sandoz (+0,5%) et Swiss Re (+0,2%) montaient aussi.
Performances de Novartis et Roche attendues
Les deux autres poids lourds de la cote Nestlé (-0,1%) et Roche (porteur -0,7%, bon de jouissance -0,5%) reculaient par contre. Novartis et Roche publieront respectivement mercredi et jeudi leur performance annuelle.
Sur le marché élargi, Kinarus (+140% à 0,002 franc), en liquidation, et le laboratoire de Liestal Curatis envisagent une fusion inversée.
Pierer Mobility (-0,6%) a confirmé l'essoufflement de sa rentabilité opérationnelle l'an dernier, après avoir confirmé début janvier le net ralentissement des ventes annoncé en décembre.
Interroll (-3,2%) baissait plus fortement. Le spécialiste tessinois des équipements logistiques a enregistré un recul des recettes en 2023. La direction s'attend à une rentabilité brute d'exploitation (Ebitda) et une marge opérationnelle (Ebit) en repli.
Swissquote (-2,8%) reculait aussi, après un abaissement de recommandation à «hold», de «buy» précédemment par les analystes de Kepler Cheuvreux. (awp)