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Le risque d’inflation pèse sur l’année à venir

La normalisation des mesures expansionnistes reste progressive et le taux de liquidités se situe bien en dessous des moyennes historiques.

Pendant la crise du Covid-19, les politiques ont procédé à des injections de liquidités dans l’économie des pays. En conséquence, la masse monétaire a considérablement progressé. Le point culminant de cette politique budgétaire et monétaire souple est derrière nous. La conjoncture revient-elle à la normale?

Au cours des prochains mois, l’inflation continuera d’être au cœur des discussions et ne cessera d’imprégner les marchés. La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, interrogée sur les sujets de la dernière réunion de politique monétaire, scande ces mots: «L’inflation, l’inflation, et l’inflation».

Le taux d’inflation n’a cessé de grimper

À ce jour, la normalisation des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes reste progressive et le taux de liquidités sur les marchés se situe bien en dessous des moyennes historiques. Ainsi, partout dans le monde, le taux d’inflation n’a cessé de grimper. Des deux côtés de l’Atlantique, les bénéfices solides des entreprises au troisième trimestre 2021 ont permis de compenser une partie de l’incertitude liée aux difficultés logistiques et aux taux d’inflation plus élevés. Ainsi, sur les marchés boursiers en Europe et aux États-Unis, la panique est passée et les indices sont en hausse.

Les perspectives sur l’année à venir laissent entendre que les actifs risqués peineront à atteindre des niveaux plus hauts en raison du durcissement à la fois des conditions de financement et des conditions monétaires. Les autorités monétaires ont déjà enclenché la première phase du durcissement des conditions monétaires sur les marchés émergents. En effet, en raison de la faiblesse de leur devise et de leur dépendance au commerce et aux matières premières, les marchés émergents sont particulièrement affectés par la hausse de l’inflation et doivent donc adapter leur politique monétaire rapidement et brusquement. La deuxième phase du durcissement débutera après la diminution des liquidités et la hausse des taux directeurs ordonnées par le G10. En Norvège et en Nouvelle-Zélande, les taux d’intérêt ont augmenté en septembre et en octobre. En fonction de la situation des marchés monétaires, les taux pourraient suivre la tendance aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada au cours de l’année prochaine.

Les marchés se sont-ils livrés à une évaluation trop brusque de la hausse des taux directeurs pour l’année prochaine? Les taux continueront-ils de grimper? Nous aurons bientôt réponse à ces questions.

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Boris Kovacevic

Western Union Business Solutions Spécialiste des questions monétaires et macroéconomiques