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Le nouveau variant pèse sur les marchés

L’indice de volatilité VIX, considéré comme un baromètre de la nervosité des marchés, a bondi de 29%.

La dégradation de la situation sanitaire en Europe pesait sur le moral des investisseurs, et annonçait déjà une volatilité plus prononcée pour les semaines à venir. C’était sans compter sur l’arrivée fracassante du nouveau variant Omicron qui a fait basculer les marchés en plein Black Friday. Plusieurs pays européens avaient durci leurs restrictions contre le Covid. Puis vendredi, après l’arrivée du variant sud-africain résistant aux vaccins, l’Allemagne, l’Italie et l’Angleterre n’ont pas tardé à réagir, interdisant toute entrée sur le territoire pour les voyageurs étrangers en provenance d’Afrique du Sud. 

Sous la menace de nouvelles restrictions, le secteur du voyage a vu rouge et les valeurs liées à la réouverture de l’économie ont dégringolé alors que les valeurs dites Covid sont remontées. L’indice de volatilité VIX, considéré comme un baromètre de la nervosité des marchés, a bondi de 29%. 

La pression inflationniste continue de préoccuper

L’inflation continue de préoccuper les investisseurs. Certains membres de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont d’ailleurs envisagé une fin des achats d’actifs et une hausse des taux plus tôt que prévu si l’inflation restait élevée, selon le compte-rendu de leur réunion publié mercredi.

Une série d’indicateurs macroéconomiques américains sont également sortis mercredi avant la pause de Thanksgiving et ont alimenté la pression inflationniste. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont au plus bas depuis plus de 50 ans et la bonne dynamique des dépenses des ménages, qui ont augmenté de 1,3% en octobre par rapport à septembre, encourage d’autant plus à un resserrement plus rapide de la politique monétaire au vu du caractère inflationniste que cela sous-entend.

L’administration Biden a décidé de puiser dans la réserve stratégique de pétrole afin de contrer l’augmentation du prix de l’or noir et faire pression sur l’OPEP, qui doit justement se réunir cette semaine et n’avait pas jugé nécessaire d’ouvrir les robinets au vu d’une offre déjà excédentaire. 

Une fin d’année plus volatile

En Suisse, le PIB a progressé au troisième trimestre (+1,7%), au-dessus des prévisions, soutenu par un fort rebond du secteur des services grâce à l’assouplissement des restrictions liées à la situation sanitaire avant l’été.

Les économistes prévoient une croissance du PIB entre 2,7% et 4% pour 2021.

Les investisseurs seront attentifs aux nouvelles sur le plan sanitaire et envisagent une fin d’année plus volatile. Il est trop tôt pour remettre en question la progression des marchés ou une normalisation monétaire. Les banques centrales vont rester en soutien avec la recrudescence des cas de Covid, mais surveillent de près l’inflation qui ne semble pas si contenue. L’épargne élevée des ménages et le manque d’alternatives vont probablement continuer de soutenir le marché des actions.

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Mickaël Gonçalves

Banque Bonhôte & Cie Gérant discrétionnaire