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L’équilibre est un courage

Des solutions à nos problèmes sanitaires ou environnementaux doivent être trouvées. Elles nécessitent la capacité, au niveau national et international, de dialoguer et de trouver des compromis. Par Olivier Sandoz

Keystone
Certains secteurs économiques continuent à souffrir de façon dramatique des conséquences de la pandémie. C’est notamment le cas de l’hôtellerie-restauration. Il ne faut pas les oublier.

Après une année 2020 marquée par la Covid-19, nous espérions pouvoir tourner la page en 2021. Ce n’a malheureusement pas été le cas. Qu’en sera-t-il en 2022? L’histoire très récente nous a appris l’humilité, ou en tous les cas aurait dû nous l’apprendre.

Nous sommes face à une cinquième vague qui n’a pas encore atteint son pic. La prudence est de mise: Omicron, le variant actuellement largement dominant et plus contagieux que les autres, fait des ravages même si, heureusement, le nombre de décès ne semble pas augmenter.

Si le virus semble moins virulent, il n’en demeure pas moins que le nombre élevé de personnes contaminées ou de cas contact représente une menace réelle pour l’économie. Alors que certains secteurs étaient déjà touchés par une pénurie de main-d’œuvre, ce sont désormais toutes les activités qui sont concernées. Conscients de cette problématique et du risque qu’elle engendre, les milieux économiques ont préconisé depuis le début d’année le raccourcissement des durées quarantaines et de d’isolement pour les personnes asymptomatiques.

En dépit de ce début d’année chaotique, la bonne santé de notre économie en général et des marchés financiers est à saluer. Pourvu que cela dure! Cela nécessite le renforcement de nos conditions-cadres et la poursuite de prises de décisions pragmatiques de la part des autorités cantonales et fédérales. Certains secteurs économiques continuent à souffrir de façon dramatique des conséquences de la pandémie. C’est notamment le cas de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, de l’événementiel, de la culture ou encore de l’aviation. Il ne faut pas les oublier.

Il est plus facile de cliver, de faire des promesses irréalistes et de chercher des boucs émissaires.
Olivier Sandoz

Pour autant, la crise sanitaire actuelle n’est pas le seul défi auquel nous devons faire face. La crise climatique, les atteintes à la biodiversité, la digitalisation et l’intelligence artificielle avec leurs effets sur le marché du travail et la société en général, la tendance au repli sur soi, le renforcement des extrêmes, les atteintes de plus en plus fréquentes à la liberté d’expression représentent des enjeux majeurs.

Leur faire face exige de s’éloigner le plus possible des idéologies, de la myopie et de la théorie du complot. Des solutions doivent être trouvées. Elles nécessitent la capacité, au niveau national et international, de dialoguer et de trouver des compromis, ce qui n’est certes pas chose aisée. Il est plus facile de cliver, de faire des promesses irréalistes et de chercher des boucs émissaires. Cela implique une recherche de l’équilibre.

Pour reprendre le titre du dernier ouvrage du général d’armée Pierre de Villiers, l’équilibre est un courage. Il y cite Albert Camus qui a écrit «aujourd’hui, on dit: c’est un homme équilibré, avec une nuance de dédain. En fait l’équilibre est un effort et un courage de tous les instants. La société qui aura ce courage est la vraie société de l’avenir.»

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Olivier Sandoz

FER Genève Directeur général adjoint