Wall Street ouvre en hausse, portée par les résultats d'entreprises

La Bourse de New York a ouvert jeudi en hausse, portée par une nouvelle vague de résultats d'entreprises de très haute tenue et après avoir digéré les messages de la Fed.

Keystone
La Fed a décidé de garder sa ligne très accommodante, sans s'engager sur un calendrier de retrait des mesures de soutien.

Vers 14H00 GMT, le Dow Jones était en hausse de 0,48% à 35.099,65 points, le Nasdaq de 0,26% à 14.800,51 points et l'indice élargi S&P 500 de 0,44% à 4.420,09 points.

Très attendus depuis plusieurs jours, le communiqué de la Fed et les déclarations de son président Jerome Powell mercredi n'ont pas apporté d'éléments vraiment nouveaux, faisant ainsi peu réagir le marché.

L'institution garde sa ligne très accommodante, sans s'engager sur un calendrier de retrait des mesures de soutien.

La publication, avant Bourse, d'un chiffre de croissance de l'économie américaine pour le deuxième trimestre nettement inférieur aux attentes, à 6,5% en rythme annualisé contre 8,5% anticipés, ne semble pas avoir davantage ému les opérateurs.

Cette croissance n'en demeure pas moins anormalement élevée et a permis au PIB américain de retrouver son niveau d'avant la pandémie, dépassant même le chiffre de fin 2019.

Même constat pour l'annonce d'un accord au Sénat américain sur le plan d'investissement massif aux infrastructures, doté de plus de mille milliards de dollars.

"Les nouvelles macroéconomiques n'ont pas vraiment d'effet", a observé Peter Cardillo, de Spartan Capital. "Ca va être une séance orientée par les résultats" d'entreprises.

Robinhood

Autre événement micro de la journée, les débuts en Bourse de la plateforme de courtage Robinhood, trublion de la finance et pionnier d'un renouveau de l'intérêt des petits porteurs pour les actions.

Le groupe va émettre quelque 52,3 millions d'actions au prix unitaire de 38 dollars qui correspond à la fourchette basse de l'estimation annoncée initialement.

Robinhood devrait lever environ 1,89 milliard de dollars lors de cette opération, pour une valorisation globale d'environ 32 milliards de dollars.

Au tableau des valeurs, l'action du "Uber chinois", Didi Chuxing, s'envolait de 11,05% à 9,85 dollars dans les premiers échanges, dopée par l'information du Wall Street Journal selon laquelle le groupe pourrait se retirer de la cote.

Objet d'une sévère reprise en main des autorités réglementaires chinoises, le groupe a néanmoins démenti l'information.

Autre titre en forme jeudi (+4,91% à 14,54 dollars), Ford. Le constructeur automobile américain a publié mercredi des résultats meilleurs qu'attendus et relevé ses prévisions.

Après avoir également publié ses résultats mercredi après Bourse, Facebook cédait lui du terrain (-3,88% à 358,79 dollars), handicapé par les déclarations prudentes du réseau social sur les trimestres à venir.

Le réseau social redoute notamment les modifications du système d'exploitation d'Apple, qui permet aux utilisateurs de sa boutique d'application de ne plus laisser collecter leurs données d'utilisation.

Le fabriquant de semi-conducteurs Qualcomm tirait son épingle du jeu (+4,66% à 149,08 dollars), grâce à des résultats meilleurs qu'attendus et un discours encourageant pour le second semestre. Le groupe se dit bien positionné pour faire face aux contraintes d'approvisionnement qui affectent le secteur.

Le câblo-opérateur Comcast (+2,21% à 59,26 dollars) a publié, lui aussi, des résultats meilleurs qu'attendus, tirés par le haut débit.

L'économie américaine a retrouvé son niveau d'avant-crise

L'économie américaine a retrouvé au deuxième trimestre son niveau d'avant-crise, malgré une croissance décevante du PIB, tandis que les prix ont, eux, continué à grimper, à leur rythme le plus rapide depuis près de 40 ans.

Le montant total des biens et services vendus aux États-Unis a dépassé celui d'avant la pandémie, pour la première fois, mais de justesse (+0,8%), selon la première estimation du département du Commerce publiée jeudi.

Le produit intérieur brut (PIB) est en effet plus élevé qu'il ne l'était au quatrième trimestre 2019, qui était le dernier à ne pas avoir été touché par la crise provoquée par le Covid-19.

Il a cependant progressé moins qu'attendu d'avril à juin, avec une croissance de 6,5% en rythme annualisé - qui compare au trimestre précédent puis projette l'évolution sur l'année entière à ce rythme. C'est un peu plus rapide que les 6,3% du premier trimestre, mais bien moins que les 8,5% attendus par les analystes.

La croissance est de 1,6% par rapport au trimestre précédent, mode de calcul utilisé par d'autres pays. A titre de comparaison, la croissance française au deuxième trimestre sera publiée vendredi, elle est attendue entre 0,7 et 1,0%; celle de la Chine, grand rival des États-Unis, a été de 1,3% au deuxième trimestre.

"Ne vous y trompez pas"

"L'Amérique est de nouveau en marche, et les nouveaux chiffres du PIB ramènent notre économie aux niveaux d'avant la pandémie", a réagi, sur Twitter, le président américain Joe Biden.

"Ne vous y trompez pas: cette croissance n'est pas accidentelle, elle est le résultat direct de nos efforts pour apporter une aide économique aux familles, aux petites entreprises et aux communautés à travers le pays", a-t-il ajouté.

La réouverture de l'économie grâce à la vaccination et les milliards de dollars distribués aux ménages depuis le début de l'année, ont stimulé la consommation des Américains.

Cette croissance "reflète la poursuite de la reprise économique, la réouverture des établissements et la réponse continue du gouvernement à la pandémie", a commenté le département du Commerce dans son communiqué.

"Les aides gouvernementales sous forme de prêts aux entreprises et de subventions aux États et collectivités locales ont augmenté, tandis que les prestations sociales aux ménages (...) ont diminué", est-il précisé.

Le premier trimestre avait en effet été marqué par deux salves de chèques envoyés aux ménages, dans le cadre de deux plans de relance successifs, le premier adopté par Donald Trump, le deuxième par Joe Biden.

Plus forte inflation depuis 1982

Par ailleurs, les prix ont continué à grimper, à leur rythme le plus rapide depuis 1982: l'inflation s'est accélérée à 6,4% sur le deuxième trimestre, selon l'indice PCE, contre 3,8% au trimestre précédent.

En excluant les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, l'inflation dite sous-jacente est au plus haut depuis 1975, à 6,1%, contre 2,7% entre janvier et mars.

Le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, mais aussi le FMI, qui assurent depuis des mois que cette inflation ne devrait être que temporaire, ont reconnu cette semaine qu'elle pourrait être plus forte et durable que prévu.

Joe Biden compte sur un programme pharaonique de dépenses sociales et environnementales, de 3.500 milliards de dollars, pour assurer la croissance du pays sur plusieurs années.

Le PIB devrait croître de 6,7% cette année et 5% en 2022, selon les services du budget du Congrès (CBO).

Le Fonds monétaire international (FMI) a également relevé cette semaine sa prévision de croissance pour les États-Unis, et table désormais sur +7,0% en 2021, comme la Fed.

Cette dernière avait, mercredi à l'issue de sa réunion, salué les progrès accomplis, soulignant cependant que "des risques persistent sur les perspectives économiques".

Le variant Delta notamment, qui a fait repartir les cas de Covid-19 dans de nombreuses régions du monde, plane désormais comme une menace sur l'économie américaine.(AWP)


Commentaires