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Période d’accalmie pour les émetteurs situés en zone de transition

Obligataire. Les agences de notation rangent ensemble les potentiels «anges déchus» et «étoiles montantes». Une catégorie très fréquentée pendant la pandémie.

Les potentiels «anges déchus» (fallen angels) et «étoiles montantes» (rising stars) partagent la même «antichambre» (crossover zone) chez les différentes agences de notation. Cette «antichambre» sert de salle d’attente pour les émetteurs en passe de basculer de la catégorie d’investissement à spéculative ou vice-versa. Elle s’apparente, en quelque sorte à une «zone de transition». 

Dans le cas de Moody’s, elle abrite les emprunteurs Baa3 et Ba1 puisque ces notes se situent juste devant la porte de sortie ou d’entrée de la catégorie d’investissement. Les émetteurs Baa3 concernés sont ceux dont la note est en cours d’examen avec le risque d’être relégués en catégorie spéculative, ainsi que ceux dont la note a été assortie d’une perspective négative.

A l’inverse, les emprunteurs Ba1 sont soit étudiés en vue d’une éventuelle promotion au statut d’investissement ou car leur note a été assortie d’une perspective positive

Pandémie et confinements obligent, les «antichambres» des agences de notations ont été fortement «fréquentées» depuis mars 2020 avec, sans surprise, une écrasante majorité de potentiels «anges déchus». Dans un récent rapport, Moody’s a mentionné une accalmie au T4 2020, précisant toutefois que le nombre d’émetteurs en «zone de transition» demeure important. Au 31 décembre 2020, ils étaient 104 avec 88 potentiels « anges déchus » et 16 potentiels « étoiles montantes ». 

Les potentielles étoiles montantes totalisaient 130 milliards de dette au quatrième trimestre 2020, une évolution favorable par rapport aux 97 milliards constatés au trimestre précédent.

En termes de dette, les premiers représentaient une contrevaleur de 474 milliards de dollars. Un chiffre en baisse par rapport aux 512 milliards enregistrés au T3, bien qu’encore élevé comparé à la moyenne de 335 milliards sur la période 2017-2020. Moody’s indique toutefois, qu’en mars 2020, le montant atteignait un pic de 593 milliards.

Quant aux potentiels «étoiles montantes», ils totalisaient 130 milliards de dette au quatrième trimestre 2020, une évolution également favorable par rapport aux 97 milliards constatés au trimestre précédent. Le bilan s’améliore donc quelque peu, comme l’illustre le ratio potentiels «anges déchus»/potentiels «étoiles montantes» qui recule à 5.5x en fin d’année 2020. Un progrès puisqu’il se situait à 6.1x le 30 septembre 2020. 

Un brin d’optimisme est donc permis même si, bien sûr, la prudence reste de mise. Il est vrai que ce ratio pourrait grimper à nouveau si la pandémie devait ne pas être maîtrisée dans les prochains mois. 

Cependant, en l’absence d’une récession prolongée, Moody’s écarte toute similitude avec l’année 2009, lorsqu’un niveau record de 10x avait été atteint. Si le scénario de récession prolongée ne peut être écarté, il n’est pas interdit non plus de considérer le verre à moitié plein. Les plans gouvernementaux de relance fiscale ainsi que la vaste campagne de vaccination plaident en faveur de temps meilleurs. Ces éléments sont très encourageants et pourraient permettre aux potentiels anges déchus de sortir de la salle d’attente et revenir à leur point de départ.

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Gianni Pugliese

Mirabaud Analyste obligataire