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Les indices marquent un temps d’arrêt

Les Bourses restent toniques, avec le DAX proche de ses plus hauts et le Nikkei à son pic historique.

Les principaux marchés boursiers ont corrigé la semaine dernière, sur fond de nouvelles restrictions pour limiter la pandémie et de ralentissement annoncé de la distribution du vaccin produit par Pfizer-BioNtech. Les indices restent toutefois toniques, avec le DAX proche des plus hauts et le Nikkei au pic historique. Les mesures imposées par Washington, avec neuf nouvelles entreprises chinoises ajoutées sur la liste noire, et des restrictions pour les fournisseurs de composants au fabricant de smartphones Huawei, ont pesé sur le secteur technologique. Cette semaine sera dense en événements, avec le 20 janvier l’investiture de Joe Biden qui deviendra officiellement le président des Etats-Unis, la réunion de la BCE jeudi 21 janvier, qui pourrait augmenter ses mesures de soutien monétaire, et de nombreuses publications de résultats trimestriels d’entreprises américaines.

Affaiblissement du marché de l’emploi

Le plan de soutien budgétaire proposé par l’administration Biden (1900 milliards de dollars) est bienvenu dans un contexte d’affaiblissement du marché de l’emploi. Avec la perspective d’une plus forte reprise économique, les investisseurs ont pu craindre que la Fed ralentisse des achats de titres et remonte les taux d’intérêt à court terme plus tôt qu’anticipé. Les importants transferts vers les ménages pourraient stimuler la dépense et pousser les prix. Il en est résulté une hausse des taux longs sur les principaux marchés obligataires (10 ans US 1.08%). Mais la Fed a mis la barre très haut pour un relèvement des taux. Il faudrait que l’inflation soit à 2% pendant un an au moins, ce qui sur les 25 dernières années n’est arrivé que sur 57 mois. Jerome Powell a signalé que ce n’est pour l’heure pas dans les cartes.

Les provisions pour crédits douteux réduites

Les principales banques américaines ont ouvert la saison des résultats en fanfare. Au 4e trimestre 2020, elles ont pu réduire leurs provisions pour crédits douteux et vu les revenus et bénéfices augmenter dans l’activité de négoce et d’émissions. Selon leurs prévisions, il se pourrait cependant que les défauts sur cartes de crédit et prêts à la consommation rebondissent lorsque les programmes de soutien à l’économie finiront.

En Chine, le PIB a augmenté de 6,5% au 4e trimestre, ce qui a porté la croissance à 2,3% pour l’année 2020, confirmant la bonne récupération du pays. C’est le plus faible taux enregistré en 44 ans, mais il reste tout de même brillant en comparaison internationale. La production industrielle s’est affichée en hausse de 7,3% sur un an, tandis que les ventes au détail ont augmenté de 4,6% en décembre, un peu moins qu’attendu.

Les emprunts convertibles, une diversification pertinente

Dans un environnement incertain où le déploiement de vaccins dans le monde donne un espoir légitime de redémarrage de l’activité économique, où les taux d’intérêt restent extrêmement bas mais où le timing de la relance reste une des inconnues majeures, la classe d’actifs «obligations convertibles» constitue un investissement qui a du sens.

Les emprunts convertibles sont des obligations assorties d’une option (un droit) permettant de les transformer en un certain nombre d’actions de l’émetteur à un prix fixé d’avance. Le cours de l’obligation convertible va donc dépendre à la fois de la hausse de l’action, mais en cas de baisse va converger vers la valeur d’une simple obligation de l’émetteur. L’investisseur va donc participer partiellement à la hausse des marchés actions tout en bénéficiant de ce que l’on appelle le «plancher obligataire» qui lui confère ainsi une sécurité de type obligataire.

Cette structure hybride affiche sur le long terme des performances très intéressantes, en termes absolus comme en termes relatifs, avec une volatilité inférieure d’environ 50% à celle des marchés actions pour une performance qui, parfois, n’est pas si éloignée de celle des indices boursiers.

Nous sommes aujourd’hui dans une configuration où la valeur des convertibles est inférieure à la somme des parties (valeur de l’obligation + valeur de l’option de conversion), rendant la classe d’actifs encore plus attrayante. Une classe d’actifs qui s’intègre donc parfaitement dans un portefeuille diversifié.

Il est également intéressant de noter qu’historiquement, sur les douze dernières phases de hausse de taux qui se sont produites depuis le début des années 1990, les obligations convertibles ont progressé onze fois sur douze dans 

cet environnement. Intéressant !

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Karine Patron