Il était une fois les «PIGS»

Fort repli des rendements souverains, notamment dans les pays périphériques: Portugal, Italie, Grèce, Espagne.

Les principales banques centrales ont révisé en baisse leurs perspectives de croissance du PIB pour 2021. La Bundesbank a ramené la croissance à +3% pour l’Allemagne et la BCE à 3.9% pour la zone euro contre 5% précédemment. Pour l’Italie, la prévision est passée à 3.5% contre 4.8% auparavant. 

En général, l’aversion au risque, aussi avec les incertitudes sur l’issue du Brexit, a favorisé la demande pour les obligations gouvernementales. En Europe le rendement du Bund à dix ans a chuté à -0.64% et celui du BTP Italie à 0.52%. Celui du Portugal, pays qui avait dû faire recours en 2011 au plan de sauvetage de Troïka (alliance de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international) est passé au-dessous de zéro, à -0.06%, pour la première fois de son histoire. 

C’est un signe que c’est devenu la disette pour les investisseurs en termes d’emprunts rentables et largement le mérite de la BCE. L’institut monétaire détient désormais plus d’actifs dans son bilan que la Fed et est en passe d’augmenter ses positions. Le résultat est que le repli des rendements souverains européens a été phénoménal, notamment dans les pays périphériques, surnommés PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne).

La BCE va augmenter son plan pandémie d’achat de dettes de 500 milliards d’euros portant son enveloppe totale à 1850 milliards. Elle étend sa durée d’intervention de neuf mois, de juin 2021 à mars 2022. Les conditions financières vont ainsi demeurer favorables longtemps. 

Ce mercredi, aura lieu la décision très attendue de la Réserve fédérale américaine concernant sa politique d’expansion monétaire.

L’IPO tonitruante d’Airbnb

La plateforme de location de logements entre particuliers, Airbnb, a fait une IPO fracassante la semaine passée. Son prix de clôture lors du premier jour s’est inscrit à USD 144.71. Le prix d’émission avait déjà été remonté à USD 68.- par rapport à la fourchette initiale de USD 44-50. D’autre part, le secteur d’activité dans lequel la société opère, à savoir le tourisme, vit une période compliquée.

L’appétit des investisseurs pour les IPO illustre l’optimisme, pour ne pas dire l’euphorie, qui règne sur les marchés, alors que les économies sous-jacentes sont aux soins intensifs. La deuxième vague de l’épidémie bat son plein dans presque tout l’hémisphère Nord, certains pays reconfinent. Cette dichotomie est difficilement explicable, au même titre que la valorisation d’Airbnb. Comment justifier un tel prix pour une société qui n’est pas profitable (graphique) et qui a pour but de faire voyager les gens dans ce contexte de crise sanitaire? Grâce à l’histoire que nous allons vous conter, à vous de savoir si vous la trouverez séduisante.

Airbnb est l’Alibaba du secteur de l’hôtellerie, à savoir une plateforme en ligne qui connecte les particuliers. La beauté de ce modèle d’affaires est une voilure réduite en termes d’immobilisations au bilan (comparé aux groupes hôteliers). La société se matérialise sous la forme d’un site web ou d’une appli sur un smartphone et prélève une commission lors de chaque réservation. Son activité redémarrera plus vite que le secteur hôtelier. Dans le contexte actuel, Airbnb offre l’avantage de pouvoir être chez soi ailleurs, dans le respect des mesures de distanciation. Une alternative attractive aux hôtels et leur hall d’entrée, leurs ascenseurs, leurs buffets, leurs restaurants. L’aisance d’utilisation, le nombre toujours grandissants d’objets sur la plateforme, une présence géographique toujours plus étendue et des prix fortement compétitifs font d’Airbnb un acteur conçu pour prendre davantage de parts de marché. 

Alors, quel est votre prix?

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