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La chute de Wirecard ne va pas affaiblir les fintech suisses

La faillite le mois dernier du groupe allemand Wirecard va conforter la place des jeunes sociétés suisses qui misent sur la sécurité et le professionnalisme.

De nombreuses fintech suisses envisageaient la solution de paiement de Wirecard dans le cadre d'un développement à l'étranger. (Keystone)
"Heureusement, nous étions encore en train de discuter des détails de nos exigences et de l'offre, lorsqu'ils ont fait faillite", confie Roger Bossard, CFO et fondateur de Crowd4Cash. La fintech zougoise a été en contact avec Wirecard pour un projet d'entrée sur le marché allemand. Elle a finalement conclu que l'offre de Wirecard ne correspondait pas à ses besoins et est à la recherche d'autres partenaires.  Comme Crowd4Cash, des fintech suisses envisageaient la solution de pa...

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"Heureusement, nous étions encore en train de discuter des détails de nos exigences et de l'offre, lorsqu'ils ont fait faillite", confie Roger Bossard, CFO et fondateur de Crowd4Cash. La fintech zougoise a été en contact avec Wirecard pour un projet d'entrée sur le marché allemand. Elle a finalement conclu que l'offre de Wirecard ne correspondait pas à ses besoins et est à la recherche d'autres partenaires.  Comme Crowd4Cash, des fintech suisses envisageaient la solution de paiement de Wirecard dans le cadre d'un développement à l'étranger. Ce qui limite l'impact du scandale financier sur les fintech suisses. Contrairement aux jeunes sociétés allemandes, dont certaines dépendaient de Wirecard pour leur licence bancaire. "Dans le secteur du prêt et de l'affacturage, les fintechs allemandes ne pourront plus, dans le pire des cas, fournir leurs services en Allemagne ou devront changer de prestataire", explique Roger Bossard.  "En Suisse, la seule activité de Wirecard que nous connaissons est l'application de paiement Boon basée sur Apple Pay et d'autres fournisseurs de paiement (ndlr: dont Swatch Pay)", constate Roger Bossard. L'application, lancée sur le marché suisse en 2017, permet de payer sans contact grâce à une carte Mastercard virtuelle prépayée.  "En Suisse, c'est essentiellement Swisscard qui domine le marché dans le secteur des paiements et il y a d'autres acteurs qui sont également bien implantés tels que Mt Pelerin", explique quant à lui Olivier Scaillet, professeur du Geneva Finance Research Institute. 

Miser sur la qualité

"En tant que fintech, il faut avancer rapidement parce qu'on est dans un marché qui évolue très vite face à des entreprises traditionnelles qui avancent également d'un point de vue technologique", reconnaît And Burri, cofondateur de la fintech zurichoise Loanboox, qui travaille avec les acteurs traditionnels dans le domaine du financement. "La technologie elle-même évolue aussi très rapidement, il faut une structure agile et dynamique pour la soigner."  Dans ce contexte, le professionnalisme et la sécurité des fintech suisses, qui évoluent dans des secteurs de niche, peut faire la différence. "Au sein de Loanboox, la qualité dans les processus externes et internes a toujours été très important", relève Andi Burri. "Notre réputation sera un avantage pour nous. Les moutons noirs auront par contre davantage de problèmes." "Ce qui m'inquiète dans cette affaire c'est que les doutes émis par certaines personnes sur le modèle d'affaire de Wirecard ont été complètement ignorés", confie Olivier Scaillet, professeur du Geneva Finance Research Institute. "Cette escroquerie poussera les gens à miser davantage sur des fintech associées à une banque traditionnelle, plutôt que des sociétés isolées."

Pas de partenariat avec La Poste

Un clip promotionnel publié l'an dernier par Wirecard met en avant un partenariat avec La Poste sur le marché chinois. Le géant jaune nie toutefois toute proximité avec le groupe allemand. "La Poste n'a jamais eu de partenariat direct avec Wirecard et aucune relation contractuelle directe", explique par e-mail Erich Goetschi, porte-parole du géant jaune. "Il existe cependant un lien entre Wirecard et notre exploitant local en Chine sur l'application WeChat (ndlr: le WhatsApp chinois)." Le service de messagerie chinois contient des publicités et intègre des solutions de paiement, dont celle du groupe allemand. Wirecard a donc fonctionné comme fournisseur de services de paiements sur WeChat et Alipay pour le compte de La Poste lorsque des clients chinois achetaient des produits suisses. "Compte tenu des dernières évolutions autour de Wirecard, les autres fournisseurs de services de paiement sont maintenant utilisés", écrit le porte-parole.  >> Lire aussi: Scandale Wirecard: l'auditeur Ernst & Young dans le collimateur

Stéphanie Giroud

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