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Soigner le coût de l’assurance-maladie

Le moins que l’on puisse dire est que ce système n’est ni transparent, ni simple, ni même juste. Par Jacques Neirynck

Keystone
"Pour des soins dont les coûts sont supportables, il faut que le patient consente à les débourser directement. Un droit inaliénable n’implique pas un service gratuit."

L’assurance-maladie essaie d’atteindre deux objectifs totalement différents et même contradictoires: assurer le citoyen ordinaire contre les coûts démesurés de certains traitements médicaux lourds ; permettre aux personnes démunies d’être néanmoins correctement soignées.

Bien que nous vivions plus longtemps grâce aux progrès de la médecine, ce mieux coûte forcément de plus en plus cher et la facture ne peut être payée que par les patients contribuables. Sous une forme ou sous une autre: les impôts ordinaires pour les hôpitaux cantonaux, les facultés de médecine, les administrations de la santé; plus une partie visible des frais par les assurances maladie gérées par des caisses privées.

Leur cotisation est un prélèvement obligatoire, ce qui signifie un impôt dit de capitation, prélevé par tête de personnes assujetties, quel que soit leur niveau de vie. Cette méthode de fiscalisation ne peut s’appliquer aux bas revenus auquel un subside assurance est apporté. C’est-à-dire en fin de compte le paiement de leur facture par les autres contribuables.

Le moins que l’on puisse dire est que ce système n’est ni transparent, ni simple, ni même juste. Pire, il n’est même pas efficace, car son coût global devient insupportable pour la classe moyenne, parce que des prestations médicales sont gaspillées.

En rendant «gratuit» pour tous le recours à la médecine, une fois que les cotisations sont payées, on incite tout le monde à en abuser.
Jacques Neirynck

Ce système est à bout de souffle, parce qu’il confond deux objectifs distincts et incompatibles. Tout d’abord, la mutualisation au sens propre des gros risques, pour les patients capables par ailleurs de payer eux-mêmes les soins ordinaires: pas besoin de rembourser pour eux l’achat d’un tube de Dafalgan, ni une consultation de généraliste. Ensuite, la gratuité pour les patients incapables de supporter le coût de traitements ordinaires, qui doivent donc être couverts par les finances publiques. En rendant «gratuit» pour tous le recours à la médecine, une fois que les cotisations sont payées, on incite tout le monde à en abuser, les patients et les médecins, les uns pour récupérer leur mise, les autres pour accroître leurs revenus.

Seule une assurance, dont la franchise obligatoire est proportionnelle au revenu d’une famille, permettra de sortir du cercle vicieux. Pour des soins dont les coûts sont supportables, il faut que le patient consente à les débourser directement. Un droit inaliénable n’implique pas un service gratuit.

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Jacques Neirynck

Ancien Conseiller national