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Puisqu’on ne peut changer la direction du vent…

Gardons-nous d’ajouter des difficultés aux entreprises. Elles ont besoin de prévisibilité. Par Cristina Gaggini

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«Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles pour atteindre sa destination.» L’auteur n’est pas un éminent philosophe grec, mais James Dean.

«Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles pour atteindre sa destination.» L’auteur n’est pas un éminent philosophe grec, mais James Dean. Il exprime à la fois l’importance d’accepter qu’on ne peut tout maîtriser et l’attitude à adopter: agilité, détermination et collaboration au sein des équipages. Plus que jamais nécessaire en ce monde, où les crises en tout genre sont la «nouvelle normalité». Un sacré défi à titre collectif et individuel, pour les entreprises et les autorités politiques!

Aussi, gardons-nous d’ajouter des difficultés aux entreprises. Elles ont besoin de prévisibilité, au moins en matière de cadre légal et surtout pas d’une réglementation tous azimuts qui les empêcherait de s’adapter aux circonstances incertaines. En contrepartie, elles doivent assumer leurs responsabilités sociétale et environnementale. Or, les tentatives de rompre ce pacte – et par là même le modèle économique à qui l’on doit notre prospérité – sont légion. Tant par le biais d’innombrables initiatives et référendums populaires que par un discours anti-riches et contre les grandes entreprises. Narratif qu’une certaine presse écrite s’empresse de relayer.

En revanche, au motif qu’elles ne font pas vendre, les bonnes nouvelles sont souvent présentées sous un angle critique. Une société a pris d’ambitieuses mesures de durabilité? On l’accuse aussitôt de «greenwashing». Développe-t-elle des technologies qui sauvent des vies? C’est par appât du gain. Réalise-t-elle des bénéfices qui permettent de créer des emplois et de faire fructifier nos avoirs vieillesse? Honte à elle!

Il en faut bien plus pour nous décourager. Revenons à James Dean: puisqu’on ne peut changer la direction du vent, alors portons – avec force et en plus grand nombre – un discours sans complexes, basé sur les faits! En rappelant les fondamentaux.

Les entreprises financent, à elles seules, les prestations des assurances sociales à raison de 4 francs sur 5
Cristina Gaggini

Premièrement, l’argent qui finance les hôpitaux, les écoles, les transports et l’Etat lui-même ne tombe pas du ciel! Il provient pour l’essentiel d’une minorité de personnes et des grandes entreprises, qui font à leur tour travailler les PME.

Deuxièmement, les entreprises financent, à elles seules, les prestations des assurances sociales à raison de 4 francs sur 5.

Troisièmement, nos entreprises ont pris – l’an passé – des engagements contraignants de réduction de CO2 de 450 millions de tonnes, soit 9 fois plus que les émissions intérieures totales de la Suisse. Et l'industrie helvétique est le seul secteur à avoir atteint ses objectifs climatiques. Qui peut en dire autant?

Non, l’économie n’est pas l’ennemi à abattre. C’est à elle que nous devons un niveau de vie inégalé, des infrastructures performantes et la sécurité alimentaire. Tel est le message que les quatre faîtières économiques et agricoles, dont economiesuisse, soulignent ensemble avec la campagne «Perspective Suisse», en cette année d’élections fédérales. L’avenir du pays commence dans les urnes.

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Cristina Gaggini

Economiesuisse Directrice romande