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Menons une politique climatique réaliste!

Par Pierre-Gabriel Bieri

Le réjouissant refus populaire de la loi sur le CO2 va amener le monde politique à élaborer de nouvelles propositions. Dans cette optique, les partisans d’une politique climatique réaliste et libérale ont intérêt à se montrer proactifs et à rappeler les idées qu’ils ont défendues tout au long de la campagne.

Tout d’abord, il faut insister sur la «ligne rouge» à ne plus franchir: dans un pays où les efforts sont constants et où la taxation du CO2 est la deuxième plus élevée au monde, il n’est plus envisageable de renchérir l’énergie dans un but punitif, même avec la promesse d’une «redistribution» partielle.

On peut continuer d’agir en Suisse en exploitant mieux les instruments existants. En particulier, il faut continuer à encourager les efforts des entreprises en permettant à toutes celles qui le souhaitent de conclure des conventions d’objectifs par lesquelles elles s’engagent à améliorer leur efficience énergétique en échange d’une exemption de la taxe sur le CO2. Par ailleurs, il importe de poursuivre l’assainissement énergétique des bâtiments. On pourrait dégager des dizaines de millions de francs supplémentaires pour cette tâche en augmentant la part affectée (donc non redistribuée) du produit de la taxe sur le CO2, sans augmenter le montant de cette dernière.

C’est au-delà de nos frontières que les moyens financiers engagés ont le plus fort impact.

Parallèlement aux efforts menés en Suisse, et si on se soucie réellement du climat, il faut prendre conscience que c’est au-delà de nos frontières que les moyens financiers engagés ont le plus fort impact en termes de réduction des émissions de CO2. En ce sens, une part plus importante (idéalement 50%) des quotas de réduction imposés à la Suisse doit pouvoir être obtenue à l’étranger. On pourrait même faire davantage en réservant la moitié de l’aide suisse au développement – soit environ 1,5 milliard de francs par année –à des projets écologiques dans les pays fortement émetteurs de CO2.

Enfin, il ne faut pas négliger de miser sur l’innovation, que ce soit pour réduire le gaspillage énergétique, pour remplacer les énergies fossiles, ou encore, désormais, pour capter le CO2 et l’utiliser en tant que ressource. Ces techniques vont nous aider à mieux maîtriser notre environnement tout en renonçant à l’idéologie de la décroissance. Et les moyens financiers sont disponibles: les investisseurs se pressent dans ce domaine et le marché des obligations vertes, en forte progression, dépasse déjà les 250 milliards de dollars.

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Pierre-Gabriel Bieri

Centre patronal Secrétaire patronal, politique générale