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L’impact différencié de la pandémie sur l’emploi

La pandémie de Covid-19 qui sévit depuis dix mois frappe lourdement le marché du travail. Par Marco Taddei

Les chiffres du SECO le confirment: de février à décembre 2020, le taux de chômage a bondi de 1,3 point pour s’établir à 3,5% (163.545 personnes étaient inscrites au chômage à fin 2020). Or, ce résultat global cache des disparités sectorielles. C’est ce que révèle le «Baromètre de l'emploi», qui vient d’être publié pour la première fois par l’Union patronale suisse (UPS).

Premier constat: contrairement aux crises économiques antérieures, la crise sanitaire actuelle a touché le secteur des services davantage que l’industrie. L’hôtellerie-restauration a particulièrement souffert de la deuxième vague de pandémie, ses marges étant minces et les réserves de nombreux établissements se trouvant désormais épuisées suite aux fermetures ordonnées par les autorités. Il n’est donc pas étonnant que ce secteur soit celui qui a le plus recouru au chômage partiel.

Le Baromètre UPS montre que certains secteurs du commerce de détail et la branche de l’information et des communications ont aussi été durement touchés par la pandémie, bien qu’à des degrés divers. L’industrie MEM, qui dépend fortement des exportations, pâtit de l’ampleur mondiale de la crise du coronavirus. Dans ce contexte difficile, les entreprises sont contraintes de geler les embauches.

Autre enseignement: les industries pharmaceutique et chimique, les services financiers et d’assurance ainsi que le secteur de la construction n’ont pas réduit la voilure. Leur résilience face à la crise a eu un effet stabilisateur sur le marché du travail et l’économie dans son ensemble.

Une chose est sûre: depuis le début de la pandémie, la progression du chômage aurait été nettement plus forte sans le dispositif des RHT qui contribuent à la fois à préserver les emplois et le pouvoir d’achat des salariés

Malgré ce dispositif, le spectre des faillites en série plane sur les entreprises: si l’économie devait continuer à tourner au ralenti sous l'effet des restrictions étatiques, nombre d’entre elles se verront contraintes de se séparer des employés au chômage partiel. La barre des 200.000 chômeurs pourrait être franchie. Face à un tel scénario, il est crucial que les indemnités pour cas de rigueur, qui ont été étendues par le Conseil fédéral, parviennent rapidement à leurs destinataires.

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Marco Taddei

Union patronale suisse Responsable Suisse romande