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L’efficacité du soft power à la Suisse

SWITZERLAND INC. La Suisse jouit d'une d’excellente image dans le monde. Cela n’est certainement pas le fruit du hasard. Par Philippe Monnier

KEYSTONE
La «House of Switzerland» s'installe dans quantité d'événements à travers le monde, en particulier sportifs, pour véhiculer une image positive du pays.

Il est de bon ton de réprouver les actions de certaines grandes puissances qui cherchent à répandre une image positive de leur pays dans le monde. Dans ce contexte, les médias étatiques de Chine et de Russie sont particulièrement visés. Récemment, ces derniers ont même été bannis dans l’Union européenne (mais pas en Suisse) pour des raisons évidentes. Par contraste, les chaînes de la SSR, financée par la redevance, n’hésitent pas à critiquer les autorités suisses voire même la Suisse en général; des affirmations similaires peuvent être formulées à l’endroit des médias étatiques France 24 ou Deutsche Welle.

Néanmoins, après avoir vécu dans une dizaine de pays très différents et voyagé dans plus 70 nations, je n’ai pas le souvenir d’un seul pays ou gouvernement qui ne cherche pas à répandre une image positive dans le monde. Avec toutefois des succès très divers: dans ce registre, la Suisse est certainement dans le peloton de tête.

La qualité de nos institutions et notre niveau économique y sont certainement pour beaucoup. Et il est plus facile pour un petit pays – que pour une grande puissance hégémonique – de se faire des amis dans le monde. Cerise sur le gâteau, le soft power à la Suisse est d’une efficacité redoutable.

En 1995, alors que je résidais au Japon, un tremblement de terre dévastateur a secoué une partie de l’archipel. Sans délai, les autorités suisses ont dépêché des équipes de secours assistés de chiens. Malgré les aléas de cette mission (les chiens sont restés longtemps coincés à la douane!), la presse nippone n’a pas tari d’éloges sur cette initiative. Je n’oublierai jamais ces centaines de Japonais émus qui m’ont remercié de cette action comme si j’en avais été l’instigateur.

Et la Suisse n’a pas que les chiens secouristes dans sa panoplie. Par exemple, de multiples organisations internationales sises à Genève reçoivent des contributions financières importantes de la Suisse. Quant au budget annuel de la Direction du développement et de la coopération (DDC), il dépasse les deux milliards de francs. Et, bien sûr, les universités publiques suisses accueillent un niveau très élevé d’étudiants étrangers. Finalement, la mission officielle de Présence Suisse est de promouvoir l’image de la Suisse à l’étranger, notamment avec ses Houses of Switzerland lors de grands événements du type Jeux olympiques.

Etant souvent à l’étranger, j’avoue ne pas être insensible à la bonne image de la Suisse. De plus, lorsque je dirigeais à Singapour une société industrielle suisse, le but officiel de cette cité-Etat était d’atteindre le même niveau de développement que la Suisse. Grâce à ce rôle modèle de la Suisse, nous avons pu vendre nos machines avec un surplus de prix non négligeable quand bien même nos clients savaient que les produits de nos concurrents – japonais, allemands ou américains – offraient des performances comparables.

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Philippe D. Monnier

Entrepreneur et administrateur

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