Le multilatéralisme, clé de voûte du succès suisse

Le système multilatéral la protège la Suisse de la loi du plus fort et lui apporte une influence considérable. Par Catherine Lance Pasquier

KEYSTONE
la Suisse s'engage activement dans les différents processus de réforme en vue de renforcer le système et améliorer le fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce.

L’accession de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU, 20 ans après que la population et les cantons ont accepté de rejoindre l’organisation, est véritablement un moment historique. Cette élection récompense les efforts de notre pays en faveur de la paix, d’un monde ouvert et libre et son engagement sans faille dans le système onusien et plus globalement multilatéral. La Suisse a toujours recherché la collaboration avec les autres Etats, considérant que les grands défis ne peuvent être affrontés seul.

La Suisse, il est vrai, a un intérêt prépondérant au bon fonctionnement du système multilatéral, qui la protège de la loi du plus fort et lui apporte une influence considérable, qu’elle n’aurait pas dans une logique de chacun pour soi. Au niveau économique en particulier, notre pays fait partie de ceux qui ont le plus besoin d’un système multilatéral efficace.

Comme la Suisse ne bénéficie ni de ressources naturelles ni d’un vaste marché intérieur, elle a besoin du commerce international pour assurer sa prospérité. La part du commerce extérieur dans le produit intérieur brut est d’ailleurs beaucoup plus élevée en Suisse que dans nombre de pays de l’OCDE. Des obstacles au commerce ou des tendances protectionnistes affectent davantage la Suisse que d’autres pays. Nous avons un intérêt prépondérant à l’existence de règles internationales fiables et donc au bon fonctionnement du système commercial multilatéral. C’est pourquoi la Suisse s'engage activement dans les différents processus de réforme en vue de renforcer le système et améliorer le fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La douzième conférence ministérielle de l’OMC début juin à Genève permet par ailleurs de rappeler que la renommée de la Suisse et de Genève en particulier découle du système multilatéral. Avec le siège européen de l’ONU, un grand nombre d’organisations internationales – notamment l’Organisation internationale du travail dont la Suisse est membre fondateur – et d’organisations non gouvernementales, Genève est un pilier de la gouvernance mondiale et de la diplomatie multilatérale.

De la Genève internationale découle aussi la présence de nombreuses entreprises multinationales sur l’arc lémanique. Ces grandes sociétés internationales sont d’importants pourvoyeurs d’emplois et de recettes fiscales. Elles permettent d’assurer la diversité du tissu économique genevois, comme partenaires commerciaux de nombreuses PME et indépendants, et contribuent de manière essentielle à la recherche et à l’innovation.

A l’heure où populisme et nationalisme se développent, vendant l’illusion que la Suisse et son économie se porteraient mieux avec le repli sur soi et le rejet de l’international, il faut rappeler que, plus qu’aucun autre Etat, la Suisse vit et prospère grâce à son ouverture et au bon fonctionnement du système multilatéral. Le succès de la diplomatie suisse que nous saluons ces jours en est une magnifique illustration.

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