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Le bon sens, clé de la réussite suisse

Une réflexion à appliquer aux votations fédérales de septembre. Par Catherine Lance Pasquier

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«Le 1er août, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a mis en exergue quelques fondamentaux de la réussite de la Suisse: en priorité du bon sens, un système politique unique, une faible régulation, la concurrence fiscale ou encore des universités de pointe.»

Quelle est la recette du succès économique suisse? Dans son discours du 1er août, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a répondu à cette question en faisant référence à un article récent de «The Economist» qui mettait en exergue quelques fondamentaux de la réussite de la Suisse: en priorité du bon sens, un système politique unique, une faible régulation, la concurrence fiscale ou encore des universités de pointe. Elle a cependant souligné qu’il convenait de rester prudent et de ne pas succomber aux passions, mauvaises conseillères en politique.

Cette vision pourra s’appliquer aux prochaines votations fédérales. C’est en effet avec bon sens et réalisme qu’il convient d’appréhender les objets sur lesquels nous sommes amenés à nous prononcer le 25 septembre. Sur la révision de l’AVS, les discours émotionnels et indignés des opposants se heurtent à la réalité démographique de la Suisse. La population vieillit et les rentes doivent être versées plus longtemps à davantage de personnes. Les dépenses et les recettes ne peuvent plus être équilibrées sans mesures correctrices. Garantir la pérennité de l’AVS est une nécessité. Pour atteindre cet objectif, la réforme AVS 21 propose une combinaison de mesures structurelles et financières. Ce projet apportera ainsi un bol d’air indispensable à notre premier pilier.

La suppression de l'impôt anticipé aura un impact important en encourageant les entreprises à mener leurs opérations de financement en Suisse
Catherine Lance Pasquier

C’est aussi le bon sens qui appelle à soutenir la révision de l’impôt anticipé. Une fiscalité attractive fait partie des atouts mis en exergue par le prestigieux magazine britannique. Or, cet impôt sur les intérêts d’obligations suisses dissuade les investisseurs étrangers. Le marché obligataire est ainsi peu développé en Suisse contrairement à d’autres pays qui ne perçoivent pas d’impôt comparable, comme le Luxembourg. La place économique suisse s’affaiblit dès lors d’elle-même dans la concurrence internationale.

La suppression de l’impôt anticipé perçu sur les obligations suisses permettra de remédier à cette situation. Cette réforme partielle et ciblée aura un impact important en encourageant les entreprises à mener leurs opérations de financement en Suisse. Elle permettra de créer des emplois, d’augmenter les recettes fiscales et de renforcer l’attractivité économique de la Suisse. Les précédentes réformes d’imposition des entreprises, qui ont aussi été combattues, se sont révélées profitables pour la collectivité. La situation ne sera pas différente avec la révision de l’impôt anticipé.

Enfin, le bon sens invite aussi à refuser l’initiative contre l’élevage intensif, malgré son but louable. Elle engendrera notamment une hausse des prix et provoquera ainsi une augmentation des achats à l’étranger, dans des pays dans lesquels le bien-être animal est moins respecté qu’en Suisse.

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Catherine Lance Pasquier

FER Genève Directrice adjointe de politique générale