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AVS 21, réforme indispensable pour maintenir les prestations

Préserver cet acquis social tout en tenant compte des réalités démographiques. Par Catherine Lance Pasquier

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«Le rapport entre personnes actives et retraitées devient toujours moins favorable.»

Egalité salariale, rémunération de certaines professions, chômage en fin de parcours professionnel: les opposants à la réforme de l’AVS, sur laquelle nous voterons le 25 septembre, essaient de porter le débat sur le marché du travail.

Or, si ces questions méritent amplement d’être traitées avec le plus grand soin, elles ne peuvent pas être réglées dans le cadre de la votation sur l’AVS. Les opposants essaient simplement d’éviter d’aborder le cœur du problème.

La révision de l’AVS ne découle pas d’une lubie mais d’une véritable nécessité pour assurer l’avenir du premier pilier pour les générations actuelles et futures. Il n’est pas nécessaire de fournir de nombreuses données statistiques sur le vieillissement démographique de la Suisse. Nous pouvons tous le constater. Nous avons la chance de vivre plus longtemps et le nombre de retraités augmente fortement. Le rapport entre personnes actives et retraitées devient toujours moins favorable. Le système n’est plus en phase avec les réalités démographiques. L’équilibre d’origine qui permettait d’assurer le financement de l’assurance est rompu.

Les discussions sont difficiles et se heurtent à de nombreuses résistances, mais la réalité des faits est imparable
Catherine Lance Pasquier

Cette situation n’est pas propre à la Suisse. Les autres pays européens sont confrontés aux mêmes défis démographiques et nombre d’entre eux réforment leur système de retraite. Partout, les discussions sont difficiles et se heurtent à de nombreuses résistances, mais la réalité des faits est imparable.

La révision de l’AVS a pour objectif d’assurer l’équilibre financier de l’assurance et de maintenir le niveau des rentes. Cette réforme se base sur deux axes juridiquement liés entre eux. Il s’agit d’une part d’assurer un financement additionnel de l’AVS par un relèvement de la TVA et d’autre part d’harmoniser progressivement l’âge de la retraite entre hommes et femmes à 65 ans tout en proposant des mesures de compensation. La révision AVS 21 prend ainsi en compte les femmes qui seront proches de la retraite au moment de l’entrée en vigueur de la réforme, afin de limiter les effets du changement. Un effort important est aussi entrepris pour améliorer la flexibilisation du départ à la retraite, ce qui permettra à chacun de faire son choix selon sa situation personnelle.

Il est indispensable de stabiliser financièrement l’AVS afin qu’elle puisse accomplir sa mission. La réforme AVS 21 est un premier pas dans cette direction. Elle permet de rompre enfin les blocages politiques qui durent depuis plus de vingt ans. L’AVS est un acquis social essentiel basé sur un contrat intergénérationnel. Pour que l’AVS reste solidaire, il faut qu’elle soit solide. C’est ce que permet la révision proposée.

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Catherine Lance Pasquier

FER Genève Directrice adjointe de politique générale

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