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Femmes dirigeantes, le plafond de verre se brise

Les entreprises sont en passe de féminiser leur direction plus rapidement qu'attendu. Par Marco Taddei

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Selon l'USS, qui soutenait les manifestantes dans les rues de Suisse le 14 juin dernier, «l’égalité hommes-femmes fait du surplace». La réalité est tout autre, écrit Marco Taddei.

«L’égalité hommes-femmes fait du surplace», dixit l’Union syndicale suisse à l’origine de la grève féministe du 14 juin, qui a vu quelque 50.000 manifestantes descendre dans les rues de Suisse. Or, n’en déplaise aux grévistes, la réalité est tout autre.

En matière salariale tout d’abord. L’Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2020 montre que depuis plusieurs années les disparités salariales entre hommes et femmes ne cessent de diminuer. L’écart, qui était proche de 17% en 2008, est tombé à 10,8% en 2020.

En matière de féminisation des organes dirigeants des entreprises, ensuite. Comme le révèle le dernier rapport Schilling publié en mars de cette année, le nombre de femmes dans les organes directoriaux et les conseils d’administration des 100 plus grandes entreprises de Suisse a de nouveau augmenté.

Concrètement, la part des femmes dans les directions d’entreprises atteint 17%, soit une hausse de quatre points par rapport à l’année précédente. Si cette évolution se poursuit, la valeur indicative de 20% exigée par le nouveau droit de la société anonyme devrait être atteinte dès 2024, soit 6 ans avant la fin du délai transitoire.

L’évolution va dans le même sens dans les conseils d’administration, où la part des femmes est de 26%, en augmentation de deux points. Là aussi, le quota requis de 30% devrait être atteint dès 2024.

Une heureuse évolution qui va se poursuivre: les dirigeants des grandes sociétés sont bien conscients des bienfaits des équipes mixtes sur la capacité d’innovation et de performance de leur entreprise. Néanmoins, des efforts supplémentaires restent nécessaires pour continuer à mettre en valeur le potentiel des femmes.

Il faut en premier lieu redoubler d’efforts pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Cela passe par des déductions fiscales plus généreuses au titre des frais de garde par des tiers et par la suppression de la «pénalisation du mariage» dans le cadre de l’impôt fédéral direct. L’introduction de l’imposition individuelle permettrait de supprimer cette distorsion fiscale.

Au sein des entreprises des mesures organisationnelles, telles le recours accru au télétravail et l’exercice de fonctions de direction à 80 pour cent, contribueraient assurément à promouvoir les carrières féminines.

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Marco Taddei

Union patronale suisse Responsable Suisse romande