Article contributeur

Défendre notre démocratie des dérives!

Le débat fait partie de l'ADN helvétique, mais la prolifération de propos haineux vont à l'encontre du principe que chacun doit pouvoir s’exprimer sans crainte. Par Cristina Gaggini

Keystone
Des déchainement de critiques virulentes sont de plus en plus fréquents sur les commentaires de sites, blogs ou réseaux sociaux.

Injures, insultes et menaces de mort. Des élus mais aussi des citoyennes et citoyens en sont la cible, de votation en votation. La dernière en date: la loi Covid. Les réseaux sociaux et le web sont devenus – pour certains – le déversoir par excellence. 

Le débat fait partie de notre ADN helvétique. C’est l’essence même d’une démocratie. Le manque flagrant de respect des opinions autrui et la prolifération de propos haineux et d’actes juridiquement condamnables sont inquiétants. Quiconque doit pouvoir s’exprimer sans crainte. Or, les dérives qui caractérisent depuis plusieurs années les campagnes de votation en refroidissent plus d’un.

De la mise en garde à la plainte

A qui cela profite-t-il si une minorité de citoyennes et citoyens parvient à museler la population et à prendre en otage la discussion ? A des personnes qui se croient au-dessus des lois et du savoir-vivre ensemble. C’est inadmissible. 

Que faire? Marquer les limites. Une mise en garde des auteurs voire une signalisation à leur employeur suffisent parfois, pour autant qu’ils n’agissent pas sous couvert d’anonymat. Mais, en fonction de la gravité des propos et de leur récurrence, le dépôt d’une plainte s’impose en cas d’injures, de calomnies ou de diffamation sans parler des menaces. Oui, nombreux sont celles et ceux qui – enivrés par un sentiment d’impunité – avouent ne pas avoir mesuré la portée de leurs propos et les conséquences psychologiques de leurs actes.

Des séquelles pendant longtemps

Selon l’art. 180 du code pénal suisse, l’élément constitutif de l’infraction est rempli dès qu’il y a eu une menace, qu’elle ait été sérieuse ou non. « Celui qui, par une menace grave, aura alarmé ou effrayé une personne sera, sur plainte, puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. » La seule chose qui importe, donc, c’est l’effet que la menace a eu sur la victime. Moi-même n’en ai pas (encore) fait l’objet, mais plusieurs personnes me disent en subir longtemps des séquelles. 

Même en l’absence de comportements juridiquement répréhensibles, le fait de recevoir – en quelques minutes – des vagues de messages savamment orchestrés est tout sauf anodin. De tels déchainement de critiques virulentes envers une personne, un groupe ou une entreprise sont de plus en plus fréquents sur les commentaires de sites internet, blogs ou réseaux sociaux. Il est grand temps de reprendre en main nos droits et de défendre notre démocratie.  


Commentaires

Cristina Gaggini

Economiesuisse Directrice romande