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Culture du consensus: plus indispensable que jamais

La réforme de l'AVS, du deuxième pilier tout comme la transition énergétique sont en jeu. Par Olivier Sandoz

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Parmi les blocages, «le refus de certains milieux de prendre en considération des évolutions possibles au niveau de l’énergie nucléaire nouvelle génération.»

Une des forces de la Suisse a longtemps été la capacité à trouver des consensus, à élaborer des solutions négociées. L’ancien conseiller fédéral Hans Peter Tschudi, à l’occasion de l’ouverture du séminaire de Forum Helveticum en janvier 1986, a déclaré «qu’un dialogue intensif et la volonté de comprendre l’autre forment la base indispensable à la culture politique suisse». La culture du consensus participe au fonctionnement de la démocratie directe et à notre prospérité.

Malheureusement, force est de constater que cette culture est de plus en plus souvent mise à mal. Nous pouvons citer comme exemple notre système de prévoyance vieillesse. Il a fait ses preuves, mais il doit être adapté à certaines réalités. Or, depuis 25 ans, aucune réforme digne de ce nom n’a pu aboutir.

En effet, à chaque fois, des forces politiques, avec des arguments complètement opposés, réduisent à néant tout projet de réforme. Nous nous trouvons face à une même situation dans le cadre de la réforme indispensable du deuxième pilier qui fait du sur place au sein des Chambres fédérales. Quant au premier pilier, son avenir dépend fortement du résultat de la votation du 25 septembre prochain, liée au projet AVS 21.

Il n’y a pas que dans le domaine des assurances sociales que la difficulté à trouver des consensus se fait sentir
Olivier Sandoz

Mais il n’y a pas que dans le domaine des assurances sociales que la difficulté à trouver des consensus se fait sentir. Pensons notamment à l’absence d’une consolidation pourtant indispensable de nos relations avec l’Union européenne, notre principal partenaire commercial. Absence de consolidation qui fait suite à l’abandon des négociations de la part de la Suisse, qui avaient pour objectif de parvenir à la conclusion d’un accord-cadre. Ce qui n’est pas sans conséquence notamment pour la recherche et, nous le constatons actuellement, pour l’approvisionnement énergétique.

Dans ce domaine, chacun ou presque s’accorde pour dire qu’il faut limiter drastiquement les émissions de CO2 si nous voulons éviter les pires catastrophes climatiques. En revanche, lorsqu’il s’agit de se mettre d’accord sur des solutions pour y parvenir, la situation devient rapidement très compliquée: il faut décarboner, promouvoir l’énergie électrique tout en faisant face à des refus obstinés des éoliennes ou des panneaux solaires qui posent soi-disant problème au niveau esthétique. A cela s’ajoute le refus de certains milieux de prendre en considération des évolutions possibles au niveau de l’énergie nucléaire nouvelle génération.

Les entreprises et la société en général font face à des défis de taille: climatiques, énergétiques, géopolitiques, sanitaires et technologiques.

De tels défis ne sont pas compatibles avec la tendance actuelle au repli sur soi, à la recherche du bouc émissaire, aux théories complotistes. Bien au contraire, si nous voulons y faire face, et nous n’avons pas d’autre choix: il faut coopérer, dialoguer, élaborer des compromis, trouver des consensus. Tout en restant fidèles à nos valeurs.

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Olivier Sandoz

FER Genève Directeur général adjoint