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COP27: Une histoire sans fin

Depuis 50 ans les délibérations s’enchaînent sur l’impact de l’humain sur la Terre, alors que cette édition enregistre un nombre record de lobbyistes des énergies fossiles. La routine. Par Olivier Ferrari

KEYSTONE
«Le 15 novembre à 08:00 GMT, la population mondiale a atteint les 8 milliards de personnes dont un milliard seront exposées à la montée de eaux!»

Le 3 mars 1972 est publié le «rapport Meadows» sur les limites à la croissance. Document commandité par le Club de Rome pour entamer des discussions sur les problèmes de la société moderne et d’une crise planétaire naissante. Les bases des futurs entretiens interparties étaient documentées.

Il s’en est suivi une première conférence mondiale sur le climat le 12 février 1979, de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et diverses agences de l’Onu. Le Dr E.L. Fédorov, du comité d’Etat de l’URSS pour l’hydrométéorologie et la surveillance de l’environnement naturel, y compare les variations du climat et l’action de l’humain: «L’échelle actuelle de l’activité humaine, mesurée, d’une part, par son volume - l’ampleur de l’effort de construction, la fraction de la surface terrestre transformée, la quantité de ressources minérales extraites, la quantité d’énergie produite et utilisée, les effets de l’activité humaine sur la composition de l’atmosphère et de l’hydrosphère - et, d’autre part, par la période pendant laquelle cette activité s’est déployée, s’est accrue tellement qu’elle devient comparable aux phénomènes naturels.»

En 1997, lors de la COP3, est signé le protocole de Kyoto pour réduire six gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone (CO2); le méthane (CH4). Depuis 1988, le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat évalue de manière scientifique avec des considérations technique et socio-économique les risques liés au changement climatiques. La science est mise au service du climat. Des rapports sont produits tous les 5 à 8 ans. En 2015, la COP21 aboutit à «l’Accord de Paris» sur les changements climatiques qui a été adopté par 196 parties.

Depuis 50 ans, les parties prenantes délibèrent sur le développement de l’impact de l’humain sur le système Terre et sur les solutions à apporter. Dans ce même temps, le 15 novembre 2022 à 08:00 GMT, la population mondiale a atteint les 8 milliards de personnes dont un milliard vivront dans des bidonvilles! Un milliard deviendront des émigrants climatiques! Un milliard seront exposées à la montée de eaux! Quatre milliards vivront avec moins de 5,5 dollars par jour!

Le «Business as usual» semble être une histoire sans fin
Olivier Ferrari

Ces valeurs ne sont pas toutes cumulatives, mais elles représentent bien notre responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance à engager depuis un demi-siècle. Période au cours de laquelle la population a doublé.

Les énergies fossiles sont une pierre d’achoppement sur la transformation à entreprendre. Leurs utilisations ont des impacts climatiques, induisent des échanges sur les indemnisations des pays qui subissent les conséquences extrêmes et dont les attentes sont en croissance d’une COP à l’autre. Dans le même temps on assiste à un nombre record de lobbyistes des énergies fossiles à cette COP 27: 636, en hausse de 25% depuis la COP26. Ils sont deux fois plus nombreux que la délégation des nations Unies pour les peuples autochtones. 29 pays ont des lobbyistes des énergies fossiles au sein de leurs délégations nationales.

Le «Business as usual» semble être une histoire sans fin. Cependant avec l’engagement du secteur privé, des entreprises, la prise de risque et les partenariats avec le secteur public, l’action climatique peut être une transformation. A condition que les investisseurs changent de paradigmes aussi.

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Olivier Ferrari

Directeur général Coninco