Article contributeur

Une journée dans les coulisses de Morand

Une trentaine de participantes aux camps d’été Girls@HES ont découvert la vie de la distillerie Morand, à Martigny.

Piments, fraises, framboises,… Les participantes au stage en informatique ont fabriqué leur propre cocktail sans alcool devant une caméra. Si elle plaît, cette boisson rentrera dans la gamme événementielle de Morand. (Valérie Giger)
Ce mardi, un groupe composé de 34 jeunes filles âgées de dix à treize ans a poussé les portes de la distillerie Morand, à Martigny. Elles ont pu se familiariser avec l’univers de cette entreprise, surtout son département sirop, durant toute une journée. «Nous avons visité la distillerie. On nous a expliqué comment faire les sirops et les alcools forts», raconte Aliya, onze ans qui a été impressionnée par le grand nombre d’étapes nécessaires à la confection d’un sirop. «Nous avons aussi fabriq...

Vous devez avoir un compte utilisateur pour lire cet article

Ce mardi, un groupe composé de 34 jeunes filles âgées de dix à treize ans a poussé les portes de la distillerie Morand, à Martigny. Elles ont pu se familiariser avec l’univers de cette entreprise, surtout son département sirop, durant toute une journée. «Nous avons visité la distillerie. On nous a expliqué comment faire les sirops et les alcools forts», raconte Aliya, onze ans qui a été impressionnée par le grand nombre d’étapes nécessaires à la confection d’un sirop. «Nous avons aussi fabriqué une boisson avec tous les arômes qu’on voulait», ajoute Nila, onze ans également, qui a tout particulièrement aimé cet atelier cocktail sans alcool. Ces jeunes filles participent aux camps Girls@HES, soit une semaine d’immersion dans le domaine de l’informatique pour les unes et dans l’univers de l’entrepreneuriat pour les autres: deux secteurs au sein desquels les femmes sont fortement sous-représentées.

Cheffes d’entreprise en herbe

Les participantes au programme Graines d’EntrepreneurEs ont été invitées à répondre à un vrai problème de l’emblématique firme valaisanne: la conception d’une offre événementielle pour un jeune public. Aliya explique: «Jusqu’ici les anniversaires pour les enfants qu’ils proposent coûtent trop cher, il nous fallait donc une autre idée d’animation. Du coup, nous avons fait un sondage pour trouver une meilleure solution, en posant des questions aux passants dans la ville de Martigny.» Encadrées par Graines d’Entrepreneurs et des professionnels de l’Institut d’entrepreneuriat et management et celui d’Informatique de gestion, les filles ont ensuite utilisés le canevas de la proposition de valeur pour présenter leur trouvaille sous forme de pitch. Leur offre sera ensuite intégrée au catalogue Swiss Cocktails Service de Morand.

Ou futures informaticiennes

Quant aux jeunes du stage Découvre les nouvelles technologies de l'informatique, elles se sont immergées dans le monde de la réalité virtuelle et ont réalisé leur propre tournage à 360° dans les locaux de la limonaderie. Nila décrit: «Nous avons mis une caméra sur la table. Puis, devant la caméra, nous avons mélangé des piments, des fraises, des framboises,… Plein de fruits pour fabriquer un bon cocktail.» Après montage, ce petit film pourra être visionné avec des casques de réalité virtuelle, grâce à l’encadrement d’étudiantes de la Team Academy et de la filière Informatique de gestion.

Dissiper les stéréotypes

«Proposer des camps uniquement pour les filles permet d’accroître leur confiance en elle et de leur inculquer une attitude positive qui leur permettra de se projeter dans une carrière professionnelle sans hésitation, en dissipant les stéréotypes», explique Nicole Glassey Balet, professeure à l’Institut d’informatique de gestion de la HES-SO Valais-Wallis. Pour l’établissement, cet accent sur le genre féminin est un moyen pour promouvoir durablement l’égalité dans le choix professionnel auprès des jeunes. «Le taux de femmes dans les filières techniques de la HES-SO est inférieur à 15%, et si dans les filières économiques on atteint la parité, il reste beaucoup à faire dans les postes de cadres.»
Cela fait dix ans que la Haute école valaisanne organise des activités d’éveil scientifique pour les enfants. «Mais force est de constater que la participation des filles reste trop basse lorsque les ateliers extra-scolaires sont mixtes», déplore la responsable du programme Girls@HES. En conséquence, l’établissement propose des formules de stages d’été dédiées uniquement aux filles depuis trois ans, avec beaucoup de succès. «Bien plus de succès que lorsque ces activités sont mixtes», indique-t-elle. A la fin de cet été, pas moins de 120 filles au total auront participé à ces camps d’été sur les thèmes de l’entreprenariat, la technique et l’informatique. Les garçons ne sont pas délaissés: ils bénéficient d’un camp technique identique à celui des filles au mois d’août. Les deux camps auront lieu en parallèle avec une journée commune au barrage de la Grande Dixence.

Les sirops colorés prennent toujours plus d’envergure

Fondée en 1889 au cœur de Martigny, la maison Morand a rapidement diversifié ses activités dans les sirops. Avec 45 références différentes, ce segment représente environ 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise d’une taille de 40 employés. «C’est le secteur qui affiche la plus belle progression depuis cinq années», indique Julien Pinieri, responsable de l’offre événementielle, nommée sWiss Cocktails Service. Selon celui qui a rejoint l’établissement il y a six ans, cette croissance est à mettre sur le compte d’efforts de développement ciblés. «Nous  dévoilons généralement deux nouvelles saveurs au printemps. Pareil en automne. La gamme s’agrandit donc très vite.» Les dernières nouveautés en date: myrtille, fleur de sureau, mirabelle ainsi qu’un sirop thé vert & mélisse bio. Si les best-sellers restent les sirops menthe et grenadine, la suite du podium varie d’un canton à l’autre: cassis en Valais, fruit de la passion à Genève ou encore citronnelle à Fribourg.
La fabrique octodurienne a conservé la confection des sirops purs jus, composés de plus de 30% de fruits. Les autres sont produits en Provence, dans une usine partenaire.

Sophie Marenne

L'Agefi Journaliste

Devenez vous aussi un acteur de l’Agefi

Devenir un acteur de l'Agefi