Article éditorial

La dangereuse spirale de la déflation

Combien coûte un confinement ? La première vague de la pandémie a montré comment 8% de la richesse nationale pouvait facilement s’évaporer. Quelque 16 milliards de francs ont alors été perdus au deuxième trimestre par rapport à l’an passé.


L’économie s’est adaptée, mais des difficultés majeures s’annoncent alors que le Conseil fédéral risque fort ce vendredi de restreindre encore l’activité économique. L’espoir d’un rebond rapide grâce aux vaccins paraît lui aussi bien incertain, parce que la campagne de vaccination sera longue et parfois même combattue par la population.


Un sentiment d’impuissance grandit. Il a été renforcé jeudi par la Banque nationale. Thomas Jordan et ses équipes ont beau abreuver les marchés, ces derniers ont toujours soif de franc. Résultat, la BNS ne parvient pas à éviter le recul des prix.


La Suisse n’en est pas à sa première vague de déflation. Des épisodes sévères se sont déjà produits en 2015, 2011 ou 2009. Cette fois, le monde affronte une pandémie. En réaction, de grands principes économiques s’effondrent. Les autres banques centrales, en particulier, monétisent toujours plus les dettes publiques et privées. La situation de la BNS n’en devient alors que plus compliquée. Pire, les Suisses eux-mêmes rapatrient leurs avoirs de l’étranger, contribuant aussi à l’appréciation de la devise.


la déflation pourrait finir par atteindre un des prix les plus importants, les salaires

Si elle continue, la déflation pourrait finir par atteindre un des prix les plus importants, les salaires. La reprise de l’activité n’en serait que davantage compromise.


Jusqu’à présent, la Suisse a surpris tous les économistes par sa capacité de résilience. Combien de temps cela durera-t-il? C’est la grande inconnue dans l’équation posée sur la table du Conseil fédéral. Un soutien budgétaire massif aux secteurs sinistrés fait en tout cas partie de la solution.



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Frédéric Lelièvre