Article contributeur

Une dose d'optimisme plus que bienvenue

Tous les chefs d'entreprise vous le diront: l'économie a horreur de l'incertitude. Seule une bonne visibilité à terme permet d'envisager un développement des affaires. Par Claudine Amstein

Jusqu'à présent, la pandémie ne nous a guère permis d'entrevoir le bout du tunnel. Dans le marasme ambiant, l'annonce de la commercialisation de plusieurs vaccins contre la Covid-19 a fait poindre une lueur à l'horizon, voire l'espoir d'une résolution rapide de la crise actuelle. Des experts envisagent même la fin de ce coronavirus pour cet été. Ces perspectives, si elles ne constituent pas une assurance absolue de réussite, contribuent au moins à restaurer la confiance, l'un des piliers du rebond économique que nous espérons tous.

C'est dans ce contexte que la plus vaste campagne de vaccination de l'histoire suisse a débuté cette semaine. Même si sa mise en œuvre paraît assez lente à la lumière des enjeux, elle reste l'un des moyens permettant de retrouver foi dans l'avenir de notre économie. Le premier vaccin a été autorisé en décembre dernier par Swissmedic, institut chargé de surveiller le marché des produits thérapeutiques. D'autres vont suivre sous peu.

Fédéralisme oblige, chaque canton gère son programme de vaccinations. Entre des doses qualifiées d'insuffisantes, des commandes jugées tardives, le scepticisme d'une partie de la population et un certain manque de coordination, la mise en place de ces campagnes se révèle quelque peu chaotique. Beaucoup de citoyens peinent à comprendre ces atermoiements pendant qu'un pays comme Israël, comparable à la Suisse en termes d'habitants, vaccine déjà à tour de bras.

A l'heure où la Confédération durcit les mesures contre le coronavirus sur la base de chiffres de contamination inquiétants, une accélération de la vaccination paraît bienvenue. En parallèle, la Berne fédérale serait bien inspirée de mettre sur pied une politique de communication permettant de diminuer la défiance à l'égard de l'acte vaccinal.

Dans l'attente d'une immunité collective, les gestes barrières (lavage régulier des mains, port du masque et distanciation sociale) et la discipline individuelle devront continuer à être respectés rigoureusement dans les espaces publics et privés. C'est à ces conditions qu'un assouplissement des mesures sanitaires pourra être envisagé, tant il est vrai que seule l'amélioration de la situation épidémiologique permettra de préserver notre économie de nouveaux dommages.

«La Berne fédérale serait bien inspirée de mettre sur pied une politique de communication permettant de diminuer la défiance à l'égard de l'acte vaccinal»

Commentaires

Claudine Amstein

Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

Les articles suivants pourraient aussi vous intéresser