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Télétravail: recommander plutôt qu’imposer

Les employeurs refusent de faire de la recommandation du travail à domicile une obligation. Par Marco Taddei

Rendre le télétravail obligatoire? C’est la proposition du Conseil fédéral pour endiguer la propagation de la Covid-19, qui a été mise en consultation auprès des partenaires sociaux.

Les employeurs la trouvent disproportionnée et difficilement applicable pour nombre de PME.

En mars dernier, face à un virus en pleine flambée, le Conseil fédéral invitait les employeurs à recourir au télétravail dans la mesure du possible. Cette recommandation a été largement suivie. Le télétravail a bondi en quelques semaines: la proportion d’actifs travaillant à domicile a doublé, passant de 25 à 50 pour cent, selon les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique.

La simple recommandation de travailler à domicile du mois de mars s’est muée en recommandation ferme en décembre. Pour un même résultat: en raison de la recrudescence du virus observée depuis le début de l’automne, de nombreuses entreprises ont réactivé au maximum le télétravail. Dans le secteur financier, par exemple, le nombre d’employés travaillant à domicile est quasiment le même que lors du confinement de ce printemps.

Dit autrement, les entreprises jouent le jeu. Elles se plient aux injonctions étatiques à la lettre, partout où cela est possible. Toutefois, le recours systématique au télétravail n’est pas possible dans de nombreux secteurs tels l’industrie hôtelière, la santé, les métiers de la vente et ou encore le secteur de la production.

Imposer le télétravail serait une mesure disproportionnée. Elle poserait des contraintes insurmontables en termes d’organisation et de protection des données pour de nombreuses micro-entreprises, qui constituent l’ossature de notre économie.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle. D’autant plus que les entreprises ne sont pas des lieux importants de propagation du virus. Et pour cause: depuis le printemps, l’immense majorité des employeurs ont consenti à d’énormes efforts - plans de protection, gestes barrières, port du masque -, afin d’assurer la protection de la santé de leurs employés travaillant sur site. 

L’obligation de travailler à domicile serait donc de peu de secours pour limiter davantage la propagation de la pandémie. Le recours au télétravail doit continuer à être encouragé et non pas imposé car il permet de répondre aux exigences sanitaires en tenant compte des contraintes et des réalités de chaque entreprise.

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Marco Taddei

Union patronale suisse Responsable Suisse romande