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Repenser la chaîne logistique

Par Claudine Amstein

Keystone
Le spectaculaire blocage du canal de Suez par un navire de 220 000 tonnes enlisé.

L’échouage, même temporaire, d’un cargo dans le canal de Suez a confirmé cette réalité que la pandémie de coronavirus avait révélé avec une tout autre ampleur: les chaînes d’approvisionnement sont bien fragiles lorsque des crises surviennent, qu’elles soient d’ordre sanitaire, technique ou géopolitique. 

Comme l’a rappelé la semaine dernière sur les ondes de La Première Frank Riester, ministre français du Commerce extérieur, nous vivons aujourd’hui dans un monde largement globalisé. Cette réalité est matérialisée par la complexité des produits mis sur le marché, qui nécessite de recourir à des composants venant de plusieurs pays, comme c’est par exemple le cas pour les vaccins.



La Suisse aura toujours besoin de rester ouverte sur le monde, d'échanger avec des partenaires proches et lointains.

Face aux pénuries qui peuvent en découler, à l’image de celles des masques au début de la pandémie, la raison commanderait de privilégier des circuits courts, de disposer de fournisseurs plus proches. Cela nous permettrait de renoncer à des substances de Chine ou d’ailleurs ou de ne pas subir les aléas d’un bateau bloqué sur un axe maritime stratégique. Dans les faits, cependant, cette approche paraît bien théorique pour un pays comme le nôtre, qui ne dispose pas de matières premières et qui dépend très largement des importations.

La crise que nous vivons depuis plus d’une année a par ailleurs mis en exergue une autre problématique commerciale: la production à flux tendu. Depuis des années, un grand nombre d’entreprises ont changé le modèle d’affaires basé sur le stockage pour se mettre à produire en fonction des besoins. Cette approche, moins gourmande en espace et donc moins onéreuse, nécessite toutefois une coordination parfaite entre les différents acteurs de la logistique, de la production et de la vente. Lorsque l’on voit les effets de la pandémie, qui a largement grippé les chaînes d’approvisionnement, on peut en conclure que ce n’est probablement plus la meilleure des options.

Loin de moi l’idée de remettre en cause «le système»! 

La Suisse aura toujours besoin de rester ouverte sur le monde, d’échanger avec des partenaires proches et lointains. 

Cette politique d’ouverture, il n’est pas inutile de le rappeler, a largement contribué à accroître sa prospérité. Les récents événements devraient toutefois nous pousser à reconsidérer, du moins en partie, notre conception de la chaîne logistique. Il faudra toutefois garder à l’esprit que de telles adaptations contribueront à renchérir les produits.

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Claudine Amstein

Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

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