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Le déguisement de la promotion économique

La chronique Switzerland Inc de Philippe D. Monnier

Attirer des entreprises étrangères en Suisse est une démarche passablement soutenue par la population. Il est vrai que les nouvelles implantations étrangères - par exemple des sièges européens de multinationales américaines ou des centres de recherche de conglomérats chinois - génèrent souvent des emplois à haute valeur ajoutée tout en renforçant nos pôles de compétences.

De plus, promouvoir la place économique suisse est passionnant. En deux mots, cette activité consiste à trouver des moyens pour rentrer en contact avec des dirigeants de grandes entreprises étrangères, à comprendre le mieux possible les enjeux de ces sociétés et à ne pas lésiner ses efforts pour développer des argumentaires spécifiques à chaque entreprise ciblée. 

Là où le bât blesse, c’est lorsque des agences de promotion économique se limitent à identifier voire à accompagner des entreprises étrangères qui se seraient de toute façon implantées en Suisse.

Là où le bât blesse, c’est lorsque des agences de promotion économique se limitent à identifier voire à accompagner des entreprises étrangères qui se seraient de toute façon implantées en Suisse car nos atouts sont bien connus dans le monde. Dans ces cas, la promotion économique est avant tout une promotion politique déguisée. Le but principal est alors de s’assurer que les responsables politiques soient invités à couper des rubans et soient mis en avant par les médias.

A force de soutenir la politique plutôt que l’économie, la quantité - et surtout la qualité - des nouvelles implantations finit bien sûr par en pâtir. Mais les parades cosmétiques existent : il suffit par exemple de changer fondamentalement - et en toute discrétion - la manière de comptabiliser les résultats pour pouvoir multiplier ces derniers par deux voire par trois. Un cas flagrant s’est d’ailleurs récemment produit dans notre bout de pays et la presse n’y a vu quasiment que du feu.

En outre, il faut reconnaître que le fractionnement des efforts de promotion économique est extrême en Suisse où nous dénombrons divers étages indépendants : fédéral, intercantonal, cantonal, régional et municipal. Mais, au moins, ce mille-feuille permet de promouvoir un maximum de politiciens ... De plus, nombre d’agences de promotion économique doivent composer avec une multitude de parties prenantes et, par conséquent, une portion significative de leurs ressources doit être allouées à des questions internes. 

Dans un Etat démocratique, la promotion politique a bien sûr toutes ses lettres de noblesse mais pour autant qu’elle ne soit pas financée avec des deniers publics.

Commentaires1

Tout voir

Il serait aussi intéressant que ces agences travaillent à promouvoir nos PME et aussi, ou plutot nos centres de compétances à l'étranger!

Christophe Borer

il y a 7 mois
C'est instructifC'est instructif

Philippe D. Monnier

Entrepreneur et administrateur