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La transition vers une économie bas-carbone

Helvetia Durabilis*. Objectif de développement durable (ODD) 13 - Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques. Par Tim Radjy et Cecilia Serin

Le 22 avril, nous célébrions la 51e «Journée de la Terre». C’est avec enthousiasme que nous avons vu les États-Unis annoncer un nouvel objectif de réduction des émissions polluantes, soit 50% d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Ce nouvel engagement relance les objectifs de l’accord de Paris qui reste hors de portée en l’état actuel des engagements nationaux [1]. Malgré une baisse des émissions de gaz à effet de serre pendant la pandémie Covid-19, le monde se dirige toujours vers une augmentation catastrophique des températures de plus de 3°C au cours de ce siècle. En Suisse, les températures ont déjà augmenté de 2°C environ par rapport à 1850.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC en anglais) estime qu’il faudrait mobiliser près de 3500 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 [2] afin que la transition énergétique limite le réchauffement climatique à 1,5°C. Et pourtant, les 60 plus grandes banques du monde ont accordé 3800 milliards de dollars aux entreprises actives dans les secteurs du pétrole, du gaz et du charbon depuis l’Accord de Paris, selon l’ONG Reclaim Finance.

En Suisse, pays qui vise à réduire ses émissions de moitié d’ici à 2030, la Finma dénote que «les banques et assureurs doivent, de manière adéquate, tenir le public informé des risques qu’ils encourent. En font notamment partie les conséquences du changement climatique… Jusqu’ici, les établissements financiers ne font pas preuve du même degré de transparence concernant les risques financiers liés au climat». L’an passé, l’Alliance climatique suisse décriait dans un rapport l’absence totale de politique climatique chez les trois-quarts des 60 plus grands fonds de pension suisses, et le financement important d’énergies fossiles par la Banque Nationale Suisse. «Les investissements made in Switzerland dirigent vers un réchauffement de 4 à 6 degrés», remarquait le directeur général du WWF lors de sa présentation d’un plan d’action pour l’industrie financière suisse en septembre 2020. Enfin, selon un rapport d’octobre 2020 de Symbiotics, seuls 6% des 150 fonds d’impact étudiés investissent dans la lutte du changement climatique et les énergies vertes. 


[1] L'accord de Paris est un traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques. Il a été adopté par 196 Parties lors de la COP 21 à Paris, le 12 décembre 2015 et est entré en vigueur le 4 novembre 2016.

[2] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, 2019

COP26, une opportunité pour l’industrie financière suisse de prendre des engagements concrets

En novembre 2020, Swiss Sustainable Finance a publié un rapport «Financer une économie bas-carbone» qui met en avant la gamme d’instruments financiers servant de solutions concrètes pour financer une économie bas-carbone. Par ailleurs, 650 institutions gérant 87,000 milliards de dollars ont souscrit au Projet de divulgation du carbone, selon www.sri-research.com. C’est donc l’heure des engagements mesurables d’ici à la 26e conférence sur le changement climatique en novembre 2021 à Glasgow.

* Une chronique de la Communauté Building Bridges préparée avec le soutien de Sustainable Finance Geneva et du Groupe AlphaMundi. Rédigée ce mois par Tim Radjy, managing partner d’AlphaMundi et Cecilia Serin, Public Relations Officer d’AlphaMundi 

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Tim Radjy

AlphaMundi Managing partner

Cecilia Serin

AlphaMundi Public Relations Officer