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La Suisse a-t-elle besoin de l’Union européenne?

Par Daniel Kalt et James Mazeau

Keystone
"La Suisse privilégie la voie bilatérale alors que l’UE veut un accord-cadre."

Fin mai, le Conseil fédéral a mis un terme aux négociations avec l’Union européenne (UE) sur l’accord-cadre. Il était devenu de plus en plus clair qu’un accord combattu aussi bien par la gauche que par la droite ne pouvait être approuvé par un référendum vraisemblablement inévitable. L’accès au marché unique européen est primordial. Mais l’incertitude s’est amplifiée quant à la suite des événements.

La Suisse privilégie la voie bilatérale alors que l’UE veut un accord-cadre. Dans le même temps, les possibilités dont pourrait s’inspirer la Suisse au travers du lien désormais distendu entre la Grande-Bretagne et l’UE se sont invitées dans le débat.

Néanmoins, la dépendance vis-à-vis de l'UE en matière d'exportations, de main-d'œuvre et d'énergie sera significative dans les prochaines décennies et devra être prise en compte dans l’élaboration des futures relations. Tour d’horizon.

Le commerce extérieur

La mondialisation a ouvert à l’économie helvétique de nouveaux débouchés sur des marchés en dehors de l’UE. Cependant, l’UE va demeurer de loin le principal partenaire commercial de la Suisse. Il est donc fondamental de pouvoir accéder facilement au marché unique européen.

La Suisse devra produire à terme suffisamment d’électricité pour satisfaire la demande croissante.

Le marché de l’emploi

Le vieillissement de la population constitue le plus gros défi à long terme pour le marché du travail suisse. En effet, en 2040, il manquera jusqu’à 450.000 personnes actives (équivalents temps plein). La Suisse ne sera pas en mesure de relever ce défi sans une main- d’oeuvre supplémentaire. Elle doit donc pouvoir accéder au mieux au marché du travail de l’UE.

Une meilleure utilisation du potentiel de main-d’oeuvre national peut contribuer à répondre à ce problème. Cette solution enrayerait l’accélération de l’augmentation de la population au travers de l’immigration et elle préserverait les ressources naturelles. Pour y arriver, il serait possible de relever l’âge de la retraite, ainsi que d’élargir les offres de garde d’enfants pour que les mères puissent augmenter leur temps de travail.

La politique énergétique

Au cours des prochaines décennies, le marché de l’énergie va également fortement évoluer du fait du passage à la mobilité électrique, de la sortie du nucléaire et de l’objectif de neutralité carbone.

La Suisse devra produire à terme suffisamment d’électricité pour satisfaire la demande croissante. Le potentiel déficit doit être comblé par un développement massif de l’énergie solaire à horizon 2050. La Suisse se trouverait malgré tout dans une phase de transition. Elle serait alors contrainte, l’hiver, de faire venir d’importantes quantités d’électricité de l’UE.

Commentaires

Daniel Kalt

UBS Global Wealth Management Chef économiste Suisse

James Mazeau

UBS Global Wealth Management Economiste, Chief Investment Office (CIO)

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