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Investir dans l’éducation

Helvetia Durabilis* - L'éducation, une source d’opportunité pour les investisseurs d’Impact. Par Cecilia Serin

Keystone
"Avant le début de la crise, les pays à revenu faible et intermédiaire étaient déjà confrontés à un déficit de financement de l'éducation de 1500 milliards de dollars par an."

Selon l’UNESCO, avant la crise du coronavirus, la proportion d'enfants et de jeunes non scolarisés dans le primaire et le secondaire était passée de 26% en 2000 à 19% en 2010 et à 17% en 2018. Cependant malgré ces progrès, 258 millions d'enfants et de jeunes étaient toujours non scolarisés en 2018, dont les trois quarts vivaient en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Le sort des filles est encore plus inquiétant; à l'échelle mondiale en 2018, il y avait 5,5 millions de plus de filles que de garçons parmi les enfants en âge de fréquenter l'école primaire et qui n'étaient pas scolarisées. En Afrique subsaharienne, les statistiques sont encore pires; il y avait 128 filles pour 100 garçons non scolarisés cette année-là.

Avant le début de la crise, les pays à revenu faible et intermédiaire étaient déjà confrontés à un déficit de financement de l'éducation de 1500 milliards de dollars par an. L'écart de financement de l'éducation à l'échelle mondiale pourrait augmenter de 30% en raison de la crise. Bien que la majeure responsabilité de scolariser les enfants et les jeunes revienne au gouvernement et ses différents ministères, le secteur privé et notamment le secteur financier peuvent contribuer à réduire cet écart. Un document de «Open Society Foundations» détaille quatre façons différentes que la finance d’impact peut utiliser pour soutenir le domaine de l’éducation: 

-Les investissements dans les infrastructures scolaires, car la construction et la mise à niveau des écoles est intuitive et les résultats sont facilement mesurables.

-Les investissements dans les personnes comprennent les programmes de prêts étudiants, la formation professionnelle et la formation des enseignants.

- Les investissements dans les modèles de technologie et de services comprennent le développement de logiciels d'éducation, les programmes d'apprentissage à distance et la gestion intégrée ou le soutien administratif pour les chaînes scolaires.

-Le financement de la construction de l'écosystème éducatif fournit un soutien à des activités ou à des modèles qui renforcent les capacités du système éducatif dans son ensemble et aident à construire un marché de l'éducation robuste.

Depuis sa création, REFFA a soutenu 585 fournisseurs d’éducation pour atteindre 191.000 étudiants.

Parmi les fonds qui valent le coup d’être mentionnés, il est important de citer Le Fonds régional de financement de l'éducation pour l'Afrique (REFFA) géré par BlueOrchard avec le soutien de KfW (le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)) et CDC Group (Institution de financement du développement du Royaume-Uni). REFFA vise à accroître l'accès à l'enseignement primaire, secondaire et supérieur à travers l'Afrique tout en veillant à ce que l'enseignement privé soit de qualité acceptable et abordable pour les familles à faible revenu. Depuis sa création, REFFA a soutenu 585 fournisseurs d’éducation pour atteindre 191.000 étudiants.

Lise Birikundavyi, gestionnaire d'investissement d'impact à la fondation Jacobs explique dans le rapport d’Impact 2020 de BlueOrchard qu’«en plus de financer des institutions de microfinance (MFIs) qui améliorent les infrastructures scolaires, REFFA soutient la qualité de l'éducation à un prix abordable grâce à son travail avec les MFIs en évaluant les paramètres pertinents avant d'accorder des prêts, en soutenant les écoles privées et pousser le secteur privé à fournir accès aux deux.»

REFFA est considéré comme un modèle et nous espérons vraiment que d’autres investisseurs d’impact investiront dans le domaine de l’éducation car nous sommes convaincus qu’une population éduquée est la pierre d’angle de beaucoup autres Objectifs du Développement Durable.

L’impact du COVID sur la scolarisation dans le monde

-Chaque enfant dans le monde a perdu en moyenne un tiers de son éducation annuelle (74 jours) à cause des fermetures d'école et du manque d'accès à l'enseignement à distance.

Source : UNESCO

-Fin mars 2021, près de la moitié des élèves à travers le monde n'étaient pas scolarisés en raison des fermetures partielles ou complètes des écoles liées à la pandémie de coronavirus.

Source : UNESCO

Une chronique de la Communauté Building Bridges

préparée avec le soutien de Sustainable Finance Geneva

et du Groupe AlphaMundi.


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Cecilia Serin

AlphaMundi Public Relations Officer

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