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Il est temps que les richesses reviennent à celles et ceux qui les créent

Près d’une personne sur dix vit dans la pauvreté en Suisse. Et qu’on ne vienne pas nous dire que si les super-riches disposent d’aussi grandes fortunes, c’est grâce à leur dur labeur. Par Thomas Bruchez.

Keystone
En réalité, les super-riches doivent leur richesses à des héritages et aux revenus du capital, qui permettent à leur fortune déjà existante de s’auto-démultiplier.

Aujourd’hui, en Suisse, 1% de la population possède 43% des richesses – contre 36% en 2003. De l’autre côté, l’immense majorité de la population a vu son revenu disponible stagner durant les vingt dernières années et croule sous le poids de primes d’assurances maladie qui ne cessent d’augmenter et de loyers exorbitants.

Pire encore, 735.000 personnes vivent dans la pauvreté, soit près d’une personne sur dix. Cela fait de la Suisse l’un des pays les plus inégalitaires au monde.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que si les super-riches disposent d’aussi grandes fortunes, c’est grâce à leur dur labeur. Pour pouvoir atteindre le niveau de richesse d’Ernesto Bertarelli, une infirmière devrait travailler plus de 300.000 ans, sans dépenser un seul centime. En réalité, les super-riches doivent leur richesses à des héritages et aux revenus du capital, qui permettent à leur fortune déjà existante de s’auto-démultiplier.

Contrairement aux revenus du travail, les revenus du capital ne sont liés à aucune prestation, à aucune création de valeur
Thomas Bruchez

C’est donc à l’une des deux grandes causes des inégalités en Suisse que s’attaque la Jeunesse socialiste avec son initiative 99%. L’initiative vise à imposer plus fortement le 1% le plus riche de la population sur ses revenus du capital (dividendes, intérêts, revenus locatifs et gains en capitaux) et à redistribuer cet argent au reste de la population par le biais de baisses d’impôts sur les salaires et d’un renforcement du service public.

Contrairement aux revenus du travail, les revenus du capital ne sont liés à aucune prestation, à aucune création de valeur. Ils sont mêmes dépendants du travail d’autrui. Ainsi, une entreprise ne peut verser des dividendes à ses actionnaires que parce que des personnes ont travaillé au sein de cette entreprise et lui ont permis de réaliser un bénéfice. Pourtant, malgré ces caractéristiques, les revenus du capital sont extrêmement privilégiés fiscalement. Ainsi, les dividendes des grands actionnaires ne sont imposés que partiellement alors que les gains en capitaux ne le sont même pas du tout. Les revenus du travail, eux, sont toujours imposés entièrement.

Avec l’initiative 99%, nous ne combattons pas seulement les inégalités, qui font que dans ce pays certaines personnes disposent de fortunes indécentes alors que tant de gens peinent à joindre les deux bouts. Nous rendons aussi l’argent à celles et ceux qui, par leur travail, crééent les richesses et qui jour après jour font tourner ce pays. Voilà pourquoi un oui à l’initiative 99% est indispensable.

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Thomas Bruchez

Jeune socialiste suisse Vice-président

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