Covid-19: Guy Parmelin sommé d'abandonner l'opposition à la levée des brevets

Des centaines de syndicats demandent au président de la Confédération de lever les brevets pour les technologies contre le coronavirus.

Keystone
Selon des estimations récentes, l'inégalité vaccinale pourrait coûter environ 5000 milliards de francs à l'économie mondiale dans les prochaines années.

Plus de 350 syndicats demandent au président de la Confédération Guy Parmelin de revenir sur l'opposition, "criminelle" selon eux, de la Suisse à une suspension provisoire des brevets pour les technologies contre le coronavirus. Ils l'accusent de favoriser la pharma.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi par la Fédération internationale des travailleurs des transports (ITF), ces syndicats qui représentent plus de 10 millions d'employés de 113 pays reprochent aux Etats opposés à une suspension des brevets de prolonger la crise en termes d'approvisionnement. "Vous n'avez plus d'excuses", ajoutent-ils encore.

Selon des estimations récentes, l'inégalité vaccinale pourrait coûter 5300 milliards de dollars (environ 5000 milliards de francs) à l'économie mondiale dans les prochaines années. Récemment, les dirigeants des faîtières internationales des transports avaient appelé les dirigeants politiques à garantir les dispositifs d'approvisionnement dans le monde.

Et dans leur lettre, outre M. Parmelin, les centaines de syndicats en appellent à la chancelière allemande Angela Merkel, au Premier ministre britannique Boris Johnson et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Vous devez approuver sans délai une suspension provisoire des brevets", affirme le secrétaire général de l'ITF.

Les syndicats relèvent que les Etats-Unis, où les entreprises pharmaceutiques sont importantes, ont, eux, affiché leur soutien à une levée provisoire des brevets dans les discussions à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dont une nouvelle réunion a eu lieu mercredi à Genève. L'inégalité vaccinale menace "notre sécurité et la reprise de nos activités", ont-ils aussi dit.

ONG ou encore partis actifs

Ils déplorent que leurs employés, notamment les marins, ont été parfois bloqués pendant des mois. Selon eux, ces travailleurs ont été trois fois plus menacés de décéder du coronavirus que la population générale.

Mercredi soir, une manifestation à l'appel d'un collectif soutenu par des partis de gauche et des syndicats genevois avait également appelé à cette suspension des brevets. Celle-ci est exigée depuis de nombreux mois par des acteurs comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou Médecins Sans Frontières (MSF).

La Suisse, comme les autres pays opposés ou la faîtière internationale des entreprises pharmaceutiques (IFPMA), estime que ce dispositif ne permettrait pas de fabriquer une dose de vaccin supplémentaire. Elle souhaite plutôt des licences sur ces technologies et une extension des capacités de production dans les pays en développement. (AWP)

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