Résultats stables pour Cembra au premier semestre

Le spécialiste du crédit à la consommation, du leasing et de l'émission de cartes Cembra Money Bank a enregistré des résultats stables au premier semestre, dans un contexte qui demeure cependant tendu.

Keystone
Le produit d'exploitation s'est contracté de 5,4% au premier semestre, tandis que le bénéfice net a augmenté de 6,2%.

Le spécialiste du crédit à la consommation, du leasing et de l'émission de cartes Cembra Money Bank a enregistré des résultats stables au premier semestre, dans un contexte qui demeure cependant tendu. La société anticipe une reprise progressive des revenus pour la suite de l'exercice, essentiellement grâce à l'augmentation prévue des volumes dans le secteur des cartes de crédit. Les objectifs à moyen terme ont été réitérés.

Le produit d'exploitation s'est contracté de 5,4% pendant la période sous revue à 235,9 millions de francs, tandis que les charges d'exploitations ont baissé de 1% à 124,1 millions. Cembra a cependant réussi à augmenter son bénéfice net de 6,2% à 78,7 millions, selon un communiqué publié jeudi.

Au niveau de ces deux derniers paramètres, Cembra a fait mieux que les attentes des analystes interrogées par AWP.

Les créances nettes ont progressé depuis mai

Les créances nettes se sont établies à 6,2 milliards de francs fin juin, en recul de 1% par rapport à fin 2020. Mais depuis le mois de mai, les demandes de crédit se sont avérées plus soutenues avec l'assouplissement des restrictions sanitaires.

Les prêts aux particuliers ont affiché une baisse de 4% à 2,3 milliards. Cela s'explique en partie par une politique de souscription plus stricte face à l'impact de la crise pandémique sur la conjoncture.

Les prêts à la clientèle dans le secteur du financement de véhicules ont régressé de 1% pour se fixer à 2,8 milliards de francs. Dans le domaine des cartes de crédit, où Cembra Money Bank émet entre autres la carte Cumulus de Migros, les créances nettes ont augmenté de 6% à 1 milliard de francs.

Le taux de perte de crédit s'est inscrit à un niveau très bas de 0,5% "malgré un environnement délicat", a fait savoir Pascal Perritaz, le directeur financier. Corrigé de la cession d'un portefeuille de créances déjà amorties, il s'est inscrit à 0,7%. Il n'y aura pas de changements fondamentaux par rapport à ces dernières années, même après l'expiration des programmes de soutien des autorités fédérales, selon Holger Laubenthal, l'homme fort de la banque.

Les revenus provenant des taux d'intérêts ont de leur côté témoigné d'un recul de 6% à 178 millions. Selon le communiqué, il s'agit là d'une conséquence de la contraction des créances dans le crédit privé. Quant au produit généré par les commissions et les honoraires, il a baissé de 3% à 57,9 millions de francs.

La maîtrise des charges d'exploitations est due à l'intégration du concurrent Cashgate l'année dernière, qui a permis de compenser la hausse des dépenses en technologies et en personnel.

Pour l'ensemble de l'exercice, la direction s'attend à un développement stable des affaires. Dans l'hypothèse, remplie d'incertitudes, d'une poursuite de la reprise, l'établissement zurichois a confirmé ses objectifs à moyen terme, soit un rendement des capitaux d'environ 15%, des fonds propres durs d'au moins 17% et une politique de versement de dividendes comprise entre 60% et 70%.

Les analystes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) notent que sans les provisions "étonnement faibles" le bénéfice avant impôts serait ressorti bien en dessous" des attentes. Ils estiment qu'en Bourse le titre a un besoin urgent d'une reprise de la consommation des détenteurs de cartes de crédit, en particulier dans le domaine du tourisme, sans quoi il ne parviendra pas à décoller.

La nominative Cembra était en effet à la peine à la Bourse suisse. Vers 12h50, l'action abandonnait 1,5% à 96,90 francs, tandis que l'indice SPI était quasiment stable (+0,04%). (awp)

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