Performance Watcher commence à atteindre une taille critique

L’outil développé par IBO qui compare les rendements de portefeuilles entre gestionnaires évalue à ce jour près de 40 milliards de francs. Au total, 14.373 portefeuilles sont recensés.

Avant de créer Performance Watcher en 2005, Nicholas Hochstadter a travaillé au Credit Suisse comme portfolio manager puis à la banque Ferrier Lullin où il a dirigé le portfolio management discrétionnaire.(DR)
Trente-neuf milliards de francs, c’est la masse sous gestion que la plateforme Performance Watcher d’IBO expertise désormais. Soit huit fois plus qu’en 2015. La société basée à Morges, active dans l’évaluation et la comparaison de gestion de portefeuille sur le principe du rendement ajusté au risque, est parvenue au fil des années à séduire 1073 utilisateurs pour 14.373 portefeuilles. Et si elle compte parmi ses clients une vingtaine d’établissements financiers, une majorité suisse, elle n’est cependant pas encore parvenue à accrocher les deux géants bancaires, UBS et Credit Suisse. «Peut-être que nous sommes encore trop petits pour être considérés par ces banques, réagit le CEO d’IBO, Nicholas Hochstadter, lors d’un point presse en visioconférence qui s’est tenu jeudi. Ou alors elles ont tout sauf envie d’être comparées.» Si à l’origine, Performance Watcher s’adressait essentiellement aux gérants, l’outil se tourne aussi vers les clients des banques. «A l’ère de l’économie comparative où les décisions d’achat se prennent sur tripadvisor ou comparis, selon les recommandations de ses pairs, le principe que nous défendons est que les clients des banques puissent eux aussi comparer et suivre en ligne les performances de leurs gestionnaires», souligne le CEO et fondateur d’IBO. Depuis un an, la Banque cantonale des Grisons et la banque Gonet permettent ce service d’évaluation et de comparaison à tout client qui le souhaite En analysant plusieurs milliers de comptes, Performance Watcher permet aux gérants de comparer leurs performances avec celles de leurs pairs, de manière anonyme, dès lors qu’ils évoluent dans des styles de gestion identiques.  En pratique, les portefeuilles sous gestion sont répertoriés par monnaies et par catégories de risque. Pour chaque catégorie, le résultat agrégé de tous les portefeuilles d’une même devise est obtenu au moyen d’un indice. Cet indice est le résultat de gestion, net de tous frais de l’ensemble des participants à la plateforme. Chaque intervenant connaît ainsi son résultat et son positionnement par rapport au groupe. Pour ce qui est de son modèle d’affaires, l’entreprise lancée en 2005 par Nicholas Hochstadter fait payer jusqu’à 2500 francs par an la licence premium de sa plateforme.  Elle compte 1073 utilisateurs à ce jour pour 14.373 portefeuilles. 

Matteo Ianni