Nym lève 6 millions de francs pour garantir l’anonymat en ligne

La start-up neuchâteloise s’est attirée le soutien d’investisseurs spécialisés dans les crypto-actifs. Le réseau qu’elle développe cherche à empêcher toute analyse du trafic internet de ses utilisateurs.

Nym veut empêcher les compagnies et les Etats de collecter des données de navigation, comme l'adresse IP d'un utilisateur ou sa localisation, en utilisant la cryptographie et la décentralisation.
Adresse IP, géolocalisation, informations de communication, etc. Autant de métadonnées qui échappent à notre contrôle lorsque nous naviguons en ligne. A moins d’utiliser un VPN ou, pour les plus expérimentés, un réseau de routage tel que Tor. La start-up neuchâteloise Nym veut proposer une solution de confidentialité encore plus performante et vient de lever 5,5 millions de francs dans ce but. Les détails de ce tour de table, clos au premier semestre, ont été dévoilés vendredi par le portail ...

Vous devez avoir un compte utilisateur pour lire cet article

Adresse IP, géolocalisation, informations de communication, etc. Autant de métadonnées qui échappent à notre contrôle lorsque nous naviguons en ligne. A moins d’utiliser un VPN ou, pour les plus expérimentés, un réseau de routage tel que Tor. La start-up neuchâteloise Nym veut proposer une solution de confidentialité encore plus performante et vient de lever 5,5 millions de francs dans ce but. Les détails de ce tour de table, clos au premier semestre, ont été dévoilés vendredi par le portail d’actualités américain Techcrunch. «Ces fonds serviront à construire le réseau Nym, à en impliquer la communauté et à recruter. Nous avons déjà renforcé l’équipe, qui compte une vingtaine de personnes», indique Alexis Roussel, COO, à L’Agefi.

La levée de fonds a été menée par l’investisseur américain Polychain Capital, spécialisé dans l’univers des crypto-actifs. Elle a été soutenue par de plus petits acteurs européens de l’économie numérique: Eden Block, Greenfield One, Maven11, Tioga et 1kx. «Leur intérêt présage que des technologies comme la nôtre seront essentielles contre la surveillance de masse des citoyens par les Etats», commente Alexis Roussel. Pas de quoi se protéger du logiciel espion Pegasus, qui a fait les gros titres ce week-end car ce dernier «cible les téléphones eux-mêmes. Nym protège le réseau, soit la communication entre les terminaux», explique celui qui a précédemment fondé le portail d'échange de cryptomonnaies Bity.

L'équipe derrière Nym: Claudi Diaz, Jess Hrcyszyn, Dave Hrycyszyn, Theo Goodman, Harry Halpin et Jedrzej Stuczynski.

Nym repose d’une part sur la cryptographie, la logique des nœuds qui mélangent des paquets de données, et d’autre part sur la décentralisation. Ses utilisateurs paieront pour utiliser le réseau dont l’infrastructure sera fournie par une communauté mondiale. En échange, ces participants recevront des jetons Nym, selon un système d’incitation financière inspiré par les cryptodevises comme le Bitcoin. Le réseau test de la start-up comprend déjà plus de 9000 serveurs répartis autour du globe, «démontrant que nous sommes parvenus à mobiliser le même nombre de personnes que Tor», avance Alexis Roussel. Mais alors que réseau libre né dans les années 2000 fonctionne grâce à des bénévoles, Nym compte attirer un public plus large grâce au gain potentiel offert par la crypto-économie.

Fondée en 2017, l’entreprise est née des suites du projet Panoramix initié par la Commission européenne. Ce dernier visait à construire un réseau européen confidentiel qui résiste à la surveillance de masse de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA). Nym s’appuie ainsi sur un écosystème de recherche déjà existant en Europe. La société romande avait récolté 2,2 millions de francs en 2019, lors d’un tour de table d’amorçage.

Commentaires

Sophie Marenne