Novartis restera tributaire du Covid-19

COMMENTAIRE. Les chiffres semestriels montrent que la pandémie représente toujours un risque plutôt qu’une opportunité pour le groupe pharma bâlois.

Keystone
Les installations du site de Novartis à Kundl en Autriche peuvent produire des vaccins contre le Covid-19.
Novartis a décoiffé les attentes mercredi en dévoilant ses résultats au deuxième trimestre. Sur la totalité du premier semestre, les ventes du groupe pharma bâlois se trouvent non seulement au-dessus de celles de l’année précédente, mais ont dépassé aussi celles de la même période en 2019. Après l’affaissement de sa rentabilité entre janvier et mars 2021, Novartis a su la rétablir au point de réaliser une hausse de 7% sur les six premiers mois. Les investisseurs ont fêté cette amélioration sp...

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Novartis a décoiffé les attentes mercredi en dévoilant ses résultats au deuxième trimestre. Sur la totalité du premier semestre, les ventes du groupe pharma bâlois se trouvent non seulement au-dessus de celles de l’année précédente, mais ont dépassé aussi celles de la même période en 2019. Après l’affaissement de sa rentabilité entre janvier et mars 2021, Novartis a su la rétablir au point de réaliser une hausse de 7% sur les six premiers mois. Les investisseurs ont fêté cette amélioration spectaculaire à l’ouverture du marché suisse, mais l’euphorie a été de courte durée et le titre a terminé dans le rouge.

Il ne faut pas oublier que 2020 a faussé les bases de comparaison: le premier trimestre avait été marqué par la constitution de stocks de médicaments, et le suivant par la consommation de ces réserves. Cette année encore, l’évolution de la pandémie de Covid-19 est autant à l’origine de la déception sur la performance du début d’année que de la surprise positive entre avril et juin. Une large partie du solde positif des ventes au premier semestre 2021 peut s'expliquer par les campagnes de vaccination, puisqu’elles ont permis de retrouver une activité proche de la normale dans les domaines thérapeutiques clés de Novartis. Dans ses perspectives pour l’exercice 2021, le groupe déclare même s’attendre à de nouveaux assouplissements des mesures sanitaires au cours du deuxième semestre. Ce qui devrait mener au retour de la dynamique habituelle pour l’établissement d’ordonnances, et par conséquent des ventes, notamment dans l’oncologie.

La part croissante du variant Delta du coronavirus et les discussions sur l’imminence d’une quatrième vague d’infections dans plusieurs pays fragilisent cependant ce scénario. Quelques contrats de production de vaccins et le partenariat avec Molecular Partners pour développer le traitement Ensovibep mis à part, le Covid-19 ne représente guère d’opportunités pour Novartis. Mais toujours un risque.

Ce n’est qu’au début de ce mois de juillet que son président Jörg Reinhardt a annoncé évaluer l’option d’investir davantage dans la technologie mRNA, utilisée tant par les vaccins de Pfizer/BioNtech que de Moderna. L’ambition et l’historique de ces deux développeurs montrent que cette approche est prometteuse, en particulier dans le domaine clé pour Novartis qu’est l’oncologie.

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Christian Affolter