La croissance semestrielle de Nestlé dopée par la hausse des prix

La multinationale veveysane a rehaussé ses ambitions de croissance organique pour l'année en cours.

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La performance s'inscrit peu ou prou dans le cadre des projections du consensus, au dessus pour les ventes et l'Ebit ajusté, en dessous pour le bénéfice net.

Le colosse alimentaire Nestlé affiche à mi-parcours en 2022 une croissance organique de 8,1% pour un chiffre d'affaires de 45,58 milliards de francs. La direction reformule ses ambitions pour l'ensemble de l'exercice, relevant l'objectif de croissance et modérant celui pour la marge opérationnelle.

Apurée de la contribution de la Russie, où Nestlé a fini par réduire ses activités à la seule alimentation de base, la croissance des volumes (RIG) s'est établie à 1,7%. Les ajustements de prix ont alimenté la progression des recettes à hauteur de 6,5 point de pourcentage.

La croissance organique a été entraînée par l'alimentation pour animaux domestiques. Les revenus du café ont enflé d'un dixième, alors que ceux du chocolat et de l'eau en bouteille ont dépassé cette marque. Les recettes des produits laitiers par contre n'ont progressé qu'autour de 5%.

La nominative perd du terrain

A 09h50, la nominative Nestlé sombrait de 1,7% à 115,42 francs, handicapant sérieusement un SMI (+0,03%) tout juste à flot.

Rentabilité émoussée

La marge avant charge d'intérêts et impôts et facteurs inopinés s'est érodée de quelque 50 points de base à 16,9%, pour un Ebit ajusté de 7,68 milliards. Le bénéfice net s'est étiolé de 11,7% à 5,25 milliards, égraine le compte-rendu diffusé jeudi.

«La maitrise des coûts et les gains d'efficacité nous ont permis de limiter les effets d'une inflation sans précédent et les contraintes d'approvisionnement sur le développement de nos marges», se félicite le directeur général (CEO) Mark Schneider, cité dans la publication.

L'effet prix a constitué l'unique facteur de croissance aux Etats-Unis, ou les recettes ont enflé de 9,6% à 12,1% malgré une érosion de 0,2% des volumes. Le renchérissement s'est limité à moins de 5% sur le Vieux continent, où la croissance organique a atteint 7,1% pour un chiffre d'affaires de 9,3 milliards.

En zone Asie, Océanie et Afrique (AOA, hors Chine élargie) la progression a atteint 8,2%, dont 6,1% d'effets tarifaires, pour un total de 9,3 milliards également. S'y ajoutent 2,7 milliards engrangés dans l'Empire du Milieu, à Hong Kong, Macao ou encore Taïwan, au terme d'une croissance limitée à 2,3%.

La multinationale lémanique affiche en Amérique latine une croissance de près de 14%, dont plus de 9% attribués aux prix, pour des revenus de 5,7 milliards.

Nonobstant des volumes en repli, Nespresso est parvenu à maintenir son chiffre d'affaires à 3,2 milliards.

Cadence de croisière accélérée

La performance s'inscrit peu ou prou dans le cadre des projections du consensus AWP, au-dessus pour les ventes et l'Ebit ajusté, en dessous pour le bénéfice net.

L'objectif de croissance pour 2022 est relevé entre 7 et 8%, contre 5% précédemment. La marge Ebit doit s'établir dans le bas du couloir de 17 à 17,5% déjà articulé.

Les analystes applaudissent la démonstration par le géant veveysan de sa capacité à imposer ses prix. Le recul, attendu, de la rentabilité s'avère moins sévère qu'escompté et les perspectives en la matière demeurent robustes. Les nouveaux objectifs en matière de croissance pour l'ensemble de l'exercice s'inscrivent dans le sillage de la cadence déjà imprimée sur les six premiers mois.

Les investisseurs pour leur part semblaient enclins à encaisser leurs bénéfices. A 09h50, la nominative Nestlé sombrait de 1,7% à 115,42 francs, handicapant sérieusement un SMI (+0,03%) tout juste à flot. (AWP)

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