L’engagement de Roche contre le coronavirus renforce aussi sa division Pharma

COMMENTAIRE. La lutte contre la pandémie a nettement stimulé l’unité Diagnostics, mais pas uniquement. La plus forte croissance du portefeuille de médicaments du bâlois provient déjà d’un traitement anti-Covid.

Keystone
Les autotests de Roche ont été très demandés au cours du deuxième trimestre.
Roche a dévoilé jeudi un chiffre d’affaires semestriel record, grâce à sa division Diagnostics qui a profité de la forte demande de tests Covid-19. Ce qui a permis de plus que compenser l’érosion des ventes de son unité Pharma due à la pandémie, mais aussi l’arrivée de biosimilaires aux Etats-Unis pour ses trois anciens médicaments phares dans l’oncologie. Cependant, même si la croissance des volumes a permis une amélioration spectaculaire de la marge opérationnelle de l’entité Diagnosti...

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Roche a dévoilé jeudi un chiffre d’affaires semestriel record, grâce à sa division Diagnostics qui a profité de la forte demande de tests Covid-19. Ce qui a permis de plus que compenser l’érosion des ventes de son unité Pharma due à la pandémie, mais aussi l’arrivée de biosimilaires aux Etats-Unis pour ses trois anciens médicaments phares dans l’oncologie. 

Cependant, même si la croissance des volumes a permis une amélioration spectaculaire de la marge opérationnelle de l’entité Diagnostics, de près de 9 points de pourcentage en 2021 à 25,7%, elle reste nettement inférieure à celle de l’activité Pharma à 44,1%. La croissance des produits lancés par cette division depuis 2012, chiffrée à 2,58 milliards de francs, a aussi largement participé à compenser les pertes de revenus des biosimilaires devisées à 2,85 milliards. De quoi contribuer à limiter le recul du bénéfice en francs de Roche à -3%.

Au niveau du bénéfice, la croissance du chiffre d’affaires provoquée par le Covid-19 du côté de Diagnostics ne peut donc pas contrebalancer des baisses dans Pharma. Cette hausse devrait d’ailleurs s’estomper au deuxième semestre 2021 déjà. Le retour d’une croissance vigoureuse au deuxième trimestre des tests de routine, qui représentent toujours plus de deux tiers des ventes de Diagnostics, maintient cependant l’espoir qu’une partie de cette augmentation ne sera pas que ponctuelle.

Par la suite, les retombées positives de l’engagement actif de Roche dans la lutte contre la pandémie devraient plutôt concerner la division Pharma: le traitement combiné du Covid-19 Ronapreve a déjà réalisé la croissance la plus forte du portefeuille au premier semestre – de zéro à 595 millions de francs. Et plusieurs programmes de développement prometteurs sont en cours.

De plus, Roche se prépare déjà aux prochaines pandémies en s’engageant dans le combat contre les maladies infectieuses et la résistance aux antibiotiques, comme le souligne en particulier l’acquisition de GenMark Diagnostics en avril, qui permet de mieux cibler ces traitements. Sans compter que s’engager dans ces domaines peut aussi faire avancer l’oncologie.

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Christian Affolter