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Le Grand prix d’horlogerie de Genève repense son modèle pour sa 20e édition

Année de transition pour le GPHG, qui teste une sélection des montres par une académie de 350 professionnels de l’horlogerie mondiale. Exposition itinérante des 84 montres limitée à la Suisse et cérémonie avec un public restreint, en raison de la crise sanitaire.

La cérémonie du Grand prix d’horlogerie de Genève a lieu au Théâtre du Léman (ici en 2019). (G. Maillot)
Le Grand prix d’horlogerie de Genève (GPHG) signe sa 20e édition avec l'intégration de sa nouvelle académie internationale dans la sélection des montres, un processus «plus démocratique», a glissé le président du GPHG Raymond Loretan, aussi président de L’Agefi, lors d’un point presse organisé mardi.  La cérémonie sur tapis rouge est bien prévue à l’agenda du 12 novembre, animée par Edouard Baer. La jauge des invités sera adaptée au fur et à mesure de l’évolution des mesures sanitaires. «Nous serons 900, 600, 300 ou 100, selon les contraintes du jour, mais nous allons jouer le jeu et surtout ne pas nous renfermer sur nous-mêmes. Il faut continuer à sortir, à créer des évènements», a souligné Raymond Loretan.  Malgré les difficultés rencontrées par la fondation organisatrice pour un tel évènement international, à cause de la crise sanitaire, les 350 académiciens ont rempli leur rôle. A partir d’un vaste panel réunissant plus de marques que les éditions précédentes, ils ont préselectionné 84 montres signées par 50 maisons horlogères. Ils participeront dans les jours à venir, via une plateforme sécurisée, à un deuxième tour de vote, qui aura valeur de trois voix dans le palmarès final, équivalentes à celles de trois membres du jury. Ce dernier est composé de 30 membres de l’académie, résidant en Suisse, qui évalueront physiquement les modèles en lice pour déterminer le palmarès 2020 composé de 18 prix.   Si la fondation du GPHG a pu maintenir sa visibilité internationale avec sa nouvelle académie, elle a dû renoncer aux traditionnels voyages à l’étranger pour l’exposition itinérante de ses montres présélectionnées. Après des destinations telles que Bangkok, Dubaï, Hong Kong, Mexico ou encore Moscou, c’est au tour de La Chaux-de Fonds (Musée International d’Horlogerie), Zurich (boutique Bucherer) et Berne (Bellevue Palace) de recevoir le GPHG, «qui souffre d’un déficit de rayonnement et de réputation en Suisse», a reconnu Raymond Loretan. Ce tour à l’échelle locale se terminera à Genève où, comme chaque année, l’exposition se tiendra au Musée d’art et d’histoire (MAH).  La recherche de financement est un défi permanent pour préserver l’indépendance du GPHG. Le Comptoir Immobilier, qui soutient la fondation depuis 2011, devient ainsi son partenaire principal, via sa division prestige, CI Exclusive Properties. Le canton de Genève, qui contribue à hauteur de 50.000 francs par an, a apporté 100.000 francs additionnels pour l’académie (dont la moitié vient d’un sponsor). La Ville de Genève met à disposition le Théâtre du Léman (actuellement), le Grand Théâtre (précédemment) et l’accueil au MAH.   Concernant les marques absentes du GPHG, «il n’y a pas de changement, concernant le groupe Swatch, Patek Philippe et Jaeger-LeCoultre, mais nous accueillons à nouveau Breitling et Piaget. Avec la marque Tudor, nous bénéficions du soutien de Rolex, mais les statuts du groupe ne lui permettent pas participer à un prix», a conclut Carine Maillard, directrice du GPHG.  

Elsa Floret