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WEF23 - Une liste d'emplettes entre armes et climat: le bilan de la semaine

Tout au long de la semaine, la réunion des ministres de la défense occidentaux vendredi à Ramstein aura occupé en filigrane de nombreuses discussions à Davos. Le bilan.

Alois Zwinggi, membre de la direction du WEF, tire un bilan positif de l'édition 2023 du WEF.

Le Forum économique mondial a pris fin. Durant ce dernier jour, le ministre de l'économie Guy Parmelin a présidé la traditionnelle réunion ministérielle informelle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Davos. Plusieurs dizaines de pays sont attendus. Au programme du jour également: une discussion avec le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan, et une discussion sur la situation économique en Europe avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde et le ministre français de l'économie Bruno Le Maire.

Une liste d'emplettes entre armes et climat: le bilan de la semaine

Le WEF aura tourné cette année à une liste d'emplettes de l'Ukraine en besoin urgent de chars d'assaut à une pétition des activistes pour le climat. Pressée de faire passer son industrie d'armement avant la neutralité, la Suisse n'aura pas échappé à cette situation.Tout au long de la semaine, la réunion des ministres de la défense occidentaux vendredi à Ramstein aura occupé en filigrane de nombreuses discussions. Réitérant son appel presque quotidien à recevoir des armes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky aura relevé par vidéo l'urgence de la situation face à une guerre qui «ne prend pas un tournant positif».

Plusieurs pays se sont fait malmener dans le cadre de ces passes d'armes. Les chars allemands sont attendus depuis des mois, mais le chancelier Olaf Scholz n'aura pas apporté de réponse dans la station grisonne. Au grand désarroi des nombreux Ukrainiens à nouveau présents. Pire encore, M. Scholz a semblé doucher les attentes en affirmant que l'Allemagne ne livrerait pas ses chars si d'autres puissances ne font pas de même. Les appels les plus virulents seront venus des voisins de l'Ukraine.

Neutralité de la Suisse en question

De son côté, la Suisse aura essuyé une nouvelle salve de demandes allemandes et espagnoles pour que son matériel puisse être réexporté. Des reproches seront venus également de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg. La Suisse renvoie tout le monde dans les cordes en expliquant à nouveau, comme souvent depuis le début de la guerre, les contraintes du droit de la neutralité. Et le président de la Confédération Alain Berset ne s'est pas trop formalisé des reproches qui ont pu être lancés cette semaine sur cette question.

Activistes présents

Sur le climat, plusieurs jeunes activistes sont venues à Davos avec une pétition réclamant l'arrêt par les multinationales de l'exploitation des énergies non renouvelables. Dans une mise en scène désormais bien rodée, l'attention s'est surtout tournée vers Greta Thunberg. Sans surprise, la Suédoise a répété ses griefs contre les participants du WEF, qu'elle a accusés d'alimenter la détérioration du climat.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est lui aussi venu avec des demandes. Dans un ton très ferme, il a souhaité que les responsables des entreprises pétrolières des années 70 qui savaient que les énergies non renouvelables étaient dommageables paient pour leurs «grands mensonges».

Une annonce concrète

Durant le WEF, les annonces très concrètes n'auront pas été nombreuses. Parmi les exceptions, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen aura dévoilé un prochain règlement européen pour une industrie à zéro émission.

Petites avancées pour la Suisse

Pour la Suisse, la rencontre dans la station grisonne n'aura pas signifié que des pressions sur la guerre en Ukraine. Malgré l'absence d'une rencontre entre M. Berset et Mme von der Leyen, elle ne repart pas bredouille sur le dossier européen. Comme souvent, le dialogue à haut niveau est plus facile avec les Etats membres qu'avec Bruxelles. La présidence suédoise de l'UE a convié la Suisse en mai à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères et de la défense, une première. De son côté, Alain Berset a estimé que le dialogue informel qu'il a pu avoir avec la présidente de la Commission européenne était «très bon». Les décisions sur la relation entre la Suisse et l'UE «ne se prennent pas à Davos», mais «entre Berne et Bruxelles», a-t-il souligné. Plus largement à Davos, la Suisse aura relayé à certains le souhait d'accueillir à Genève le secrétariat de la Coalition contre la pollution plastique.

Du côté des organisateurs

Alois Zwinggi, membre de la direction du WEF, tire un bilan positif de l'édition 2023 du WEF. Il a relevé notamment la collaboration «productive» avec l'hôtellerie ainsi que les améliorations en matière de transport et de trafic. «Nous avons mis à profit l'absence du WEF durant les deux années de pandémie de coronavirus», a-t-il souligné. Les chauffeurs peuvent désormais utiliser une application leur montrant où ils peuvent se garer. Cela évite d'engorger les rues de la station. Le Forum n'a connu des problèmes que dans le domaine des infrastructures. Leur construction a débuté peu après Nouvel An, «ce qui a provoqué quelques complications», notamment pour les touristes, selon M. Zwinggi. (ATS)

16h13

La Suisse devient le premier Etat à ratifier l'accord sur la pêche

La Suisse est devenue le premier des 164 membres de l'OMC à ratifier l'accord sur la pêche, arraché en juin dernier à Genève. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a remis les documents à Davos à la directrice générale de l'institution Ngozi Okonjo-Iweala. Ils ont souhaité des avancées sur les aspects qui ne sont pas couverts par l'accord d'ici la ministérielle de février 2024, selon une déclaration finale de M. Parmelin. Après plus de vingt ans de négociations, les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) étaient arrivés l'an dernier à un consensus pour éliminer des subventions à la pêche considérées comme nuisibles pour la durabilité des stocks. Seules celles contribuant à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée sont interdites, mais une première étape a aussi été obtenue pour celles sur la surpêche et la surcapacité. Selon les ONG toutefois, l'accord n'affectera pas les grands navires. Les subventions à la pêche sont estimées à 54 milliards de dollars par an. Selon l'ONU, 90% des stocks marins sont exploités ou surexploités. (ATS)

10h00

La «substance» avant les grands noms

Cette année, il n'y a pas eu de véritable tête d'affiche au Forum économique mondial. Pour ses responsables, la «substance» vient avant les grands noms, qu'il s'agisse de stars ou de chefs d'Etat. Certains estiment que le manque de grand nom à la présente édition équivaut à une perte d'importance du Forum.  Pour Alois Zwinggi, membre de la direction du WEF, les participants recherchent avant tout des contacts au niveau ministériel, souvent plus productifs. Et de souligner qu'en 53 ans d'histoire du Forum, un président américain est venu à Davos tous les 17 ans et un président chinois tous les 50 ans.

09h15

Plus de pression sur la Russie

A propos des sanctions contre la Russie, celles dans le secteur de l'énergie ont été mises en place trop tardivement selon Valdis Dombrovskis. Le Commissaire européen au commerce appelle à mettre la pression là où la Russie génère ses revenus.

09h00

Repenser la politique monétaire?

Thomas Jordan, à la tête de la BNS a évoqué les prévisions d'inflation réalisées en 2021. «Nous avons probablement tous sous-estimé l’inflation», souligne-t-il durant un panel dédié à la politique monétaire. Les intervenants se demandent si les banques centrales doivent repenser radicalement leurs méthodes. 

La situation inflationniste ne permet pas de relâcher les efforts de politique monétaire, selon le président de la BNS. ll a estimé qu'un relèvement des taux d'intérêt pourrait être mené. «L'inflation américaine et européenne est encore à un niveau où une politique monétaire plus serrée est requise». L'année dernière, l'institution était revenue à un taux directeur positif après de nombreuses années. Les politiques menées par les banques centrales occidentales visent à lutter contre l'inflation. Mais elles ont été largement critiquées par l'ONU ou, cette semaine à Davos, par la Chine - qui redoutent des effets dévastateurs pour les pays en développement.

M. Jordan oppose lui le mandat qui lui est donné de garantir une stabilité des prix. «Une petite inflation est meilleure qu'une grande inflation», a-t-il affirmé.

Taux négatifs pas exclus

A plus long terme, en cas d'inflation négative, un retour à des taux d'intérêt négatifs n'est pas exclu. Une telle mesure serait «indispensable», a insisté le président de la BNS, même s'il est «ravi» d'en être sorti. «C'est beaucoup mieux actuellement», a-t-il insisté, ajoutant également que les banques suisses ont «bien mieux» résisté que ce à quoi il s'attendait à cette période de taux négatifs.

La BNS va par ailleurs poursuivre sa politique de vente de devises, massive ces derniers mois. Un autre instrument pour protéger le pays de l'inflation.

Plus largement, M. Jordan alerte sur l'importance de limiter la dette et sur les problèmes structurels à résoudre, souhaitant que les responsables politiques les prennent en considération. Il a insisté sur l'importance de trouver des solutions à ceux-ci pour contribuer à améliorer la compétitivité des entreprises.

«Il n’y a pas d’autre voie que d’atteindre une forme de stabilité des prix et de maintenir la crédibilité des banques centrales. Ces deux éléments sont essentiels à la croissance future», renchérit Kjerstin Braathen, à la tête de DNB ASA, la plus grande banque de Norvège.

Vous pouvez visionner la session ici

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