WEF 2022: Xi Jinping dénonce ceux qui alimentent la confrontation

Le dirigeant chinois s'en est pris aux acteurs qui cherchent la confrontation, qu'elle soit politique, économique ou technologique, lundi lors de la première journée de sessions en ligne du Forum économique mondial.

Keystone
Sans nommer aucun Etat, le président chinois a ciblé ceux «qui tentent de faire obstacle et d'attribuer des responsabilités aux autres» dans la pandémie.

Lundi, lors de la première journée du Forum économique mondial (WEF) en ligne, «Davos Agenda 2022», le président chinois Xi Jinping a dénoncé ceux qui tentent «d'attribuer des responsabilités aux autres» pour la pandémie.

Le dirigeant a relevé que Pékin avait déjà partagé 2 milliards de doses avec environ 120 pays et des acteurs internationaux. La Chine «va acheminer 1 milliard» de vaccins additionnels en Afrique, dont 600 millions par des dons, et 150 millions vers une partie de l'Asie, a répété Xi Jinping au début de plusieurs jours de discussions en ligne du WEF.

Sans nommer aucun Etat, le président chinois a ciblé ceux «qui tentent de faire obstacle et d'attribuer des responsabilités aux autres» dans la pandémie. De nombreux pays, dont les Etats-Unis, ont accusé la Chine de cacher des indications sur les premiers cas de coronavirus. Accusée d'abord d'être conciliante, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi demandé aux autorités du pays de partager davantage de données.

Il faut davantage de collaboration sanitaire internationale, a affirmé Xi Jinping, souhaitant une meilleure «solidarité». De même, il met en garde à nouveau contre une approche de Guerre froide et de confrontation. Les déclarations «qui alimentent la haine» se multiplient, a-t-il ajouté sans nommer les Etats-Unis. Et de cibler une «politisation» des questions technologiques.

«Conséquences catastrophiques»

Le président chinois a averti que la confrontation mondiale entre les grandes puissances pourrait avoir des «conséquences catastrophiques».

«L'histoire a prouvé à maintes reprises que la confrontation ne résout pas les problèmes, elle ne mène qu'à des conséquences catastrophiques», a indiqué Xi Jinping, selon une traduction officielle de son allocution.

Le président de la République populaire de Chine a également relevé que «les économies développées doivent remplir en premier leurs obligations relatives à la réduction des émissions (de CO2).»

Il a aussi estimé que «l'économie mondiale est en train de se redresser mais elle est confrontée à de multiples contraintes». En particulier, «le risque d'une inflation causée par de multiples facteurs se fait sentir», a-t-il souligné, avant d'avertir: «Si les principaux pays font un virage brusque dans leur politique monétaire, cela engendrera de graves répercussions et représentera un défi à la stabilité économique et financière mondiale.»

Xi Jinping appelle donc à une réponse face à l'inflation grandissante et à l'augmentation des prix énergétiques. Il demande des règles internationales sur l'intelligence artificielle (IA) et l'économie numérisée, de même qu'un environnement «ouvert» et «non discriminatoire».

Comme l'année dernière, la réunion annuelle du WEF à Davos (GR) a dû être reportée en raison de la situation liée au nouveau variant Omicron. Elle est désormais prévue dans quelques mois. (ATS - 'AGEFI)

Economie «fragile», selon Antonio Guterres

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a relevé que la relance économique restait «fragile». Plusieurs raisons comme l'inflation et les difficultés énergétiques, mais aussi les tensions financières, politiques et en termes d'approvisionnement, expliquent cette situation.

Antonio Guterres a déploré que les pays riches aient vacciné sept fois plus de personnes que les Etats africains. Il a à nouveau appelé les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques à faciliter une immunisation pour tous.

«Nous devons affronter la pandémie avec équité», a-t-il déclaré. Il a rappelé que l'objectif de vacciner 40% de la population de tous les pays d'ici fin 2021 n'avait de loin pas été atteint. De même, celui de 70% d'ici fin juin n'est pas près d'être honoré.

Parmi les autres chantiers pour cette année, il appelle à une réforme du système financier. Huit dollars sur dix dépensés pour la relance après le début de la pandémie l'ont été dans des pays riches, a déploré Antonio Guterres.

Appel à maintenir l'innovation

Les pays en développement qui font face «à la plus basse croissance en une génération» ont le sentiment d'un échec, selon lui. Il a appelé à nouveau à une restructuration de la dette de ces Etats.

Le secrétaire général de l'ONU a également demandé de soutenir la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement et émergents par des transferts de technologies. Il faut une coalition entre gouvernements, secteur privé et institutions financières pour aider à atteindre cet objectif, a-t-il estimé.

La meilleure solution «serait un mécanisme plus large», mais «ce ne sera pas facile», a-t-il admis, relevant l'importance de ne pas compromettre l'innovation. (AWP)

Une semaine de sessions

La réunion du Forum économique mondial (WEF), prévue initialement en janvier, se déroulera au début de l'été dans la ville grisonne. Le WEF a néanmoins décidé d'organiser, du 17 au 21 janvier, une série de sessions en lignes intitulées «l'Etat du monde», qui doivent permettre «de formuler des solutions pour les problèmes les plus urgents dans le monde».

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