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UBS évalue les risques et les opportunités d’une planification coordonnée de la retraite et de l’accès à la propriété

Les experts de UBS GWM anticipent une hausse des financements par les fonds de retraites. Avantages sous-estimés du pilier 3a.

Le nombre et le montant total des montants retirés du deuxième pilier de la prévoyance professionnelle pour accéder à la propriété du logement n'ont guère augmenté ces dernières années. Mais la situation pourrait changer selon les économistes et spécialistes du bureau d’investissement de UBS Global Wealth Management (GWM). «Au cours de la dernière décennie, l’immobilier a renchéri presque cinq fois plus vite que le revenu moyen des ménages» a expliqué Matthias Holzhey, responsable CIO Swiss R...

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Le nombre et le montant total des montants retirés du deuxième pilier de la prévoyance professionnelle pour accéder à la propriété du logement n'ont guère augmenté ces dernières années. Mais la situation pourrait changer selon les économistes et spécialistes du bureau d’investissement de UBS Global Wealth Management (GWM). «Au cours de la dernière décennie, l’immobilier a renchéri presque cinq fois plus vite que le revenu moyen des ménages» a expliqué Matthias Holzhey, responsable CIO Swiss Real Estate de la banque, lors de la présentation, jeudi à Zurich, d’une étude de UBS sur la Prévoyance et l’accès à la propriété». Selon le spécialiste, la planification coordonnée de la prévoyance et de l’accession à la propriété prendra de plus en plus d’importance dans les années à venir, compte tenu des facteurs d’incertitudes qui pèsent sur le système de prévoyance suisse.

Le poids de la baisse des taux de conversion

La baisse continue du taux de conversion (du capital de retraite en rentes) constitue l’une des évolutions qui peut motiver un retrait en capital - en fonction des taux de conversion appliqués par les caisses de pension - pour investir dans l’immobilier. D’autant que, ainsi que l’illustre l’infographie ci-contre, le total des coûts d’usage d’un logement en propriété est devenu, en moyenne, nettement inférieur au coût d’usage d’un logement en location. Cet écart s’élèverait même actuellement à environ 20% dans les centres urbains. L’évolution stable du total des retraits anticipés dans les caisses de pension pour le financement d’un logement s’explique notamment par l’introduction à partir de 2012 de nouvelles mesures d’autorégulation (10% de fonds propres durs, restreignant par conséquent l’affectation de fonds du deuxième pilier). Il est donc devenu plus difficile d’acquérir leur propre logement aux ménages en train de constituer leur capital.

Economies d'impôts décisives

L’un des avantages d’une approche coordonnée de l’accès à la propriété et de la planification de la prévoyance réside dans les économies d’impôts susceptibles d’être dégagées par les rachats dans le deuxième pilier et dans le troisième pilier. Compte tenu des limitations des retraits (tous les cinq ou trois ans) une planification sur le long terme de ces deux éléments permet de mieux financer et d’optimiser l’accès à la propriété ainsi que le souligne Jackie Bauer, économiste et experte en prévoyance CIO Pension Research. La spécialiste précise qu’en la matière l’on tend souvent à oublier que le capital issu de la prévoyance individuelle 3a a valeur de fonds propres durs, ce qui n’est pas le cas des fonds du deuxième pilier. Le troisième pilier 3a de la prévoyance n’est cependant pas aussi répandu que souhaité. Les enquêtes à ce sujet ont montré que l’obstacle principal invoqué dans la non constitution d’un capital de prévoyance individuel 3a résidait dans le manque d’argent pour investir dans ce type de placements. Mais si cet argument était invoqué par 45% des sondés dans le Moniteur de la prévoyance publié fin juin 2018, leur part a baissé a 27% selon les résultats du sondage présentés jeudi. Responsable de l’analyse macro-écronomique et sectorielle Suisse, Veronica Weisser salue en outre le fait que la part des sondés qui utilisent la possibilité d’investir en partie leurs avoirs 3a dans des titres est passée, en un an, de 28% à 43%, avec des parts plus élevées chez les sondés masculins que féminins, ainsi que des Italophones (51%) et des Romands (47%) que des Alémaniques (42%).

jeunes ouverts au relèvement de l'âge de la retraite

Selon le Moniteur UBS de la prévoyance, les 18 à 39 ans estiment que les 1er et 2e piliers ne remplaceront plus que 49% de leur salaire à la retraite. Soit nettement moins que les 62% indiqués dans le sondage par leurs aînés. La proportion des sondés tendant à accepter un relèvement de l’âge de la retraite est en outre supérieure chez les 18-39% (33%) que dans la classe d’âge 40-64 ans (29%).

Risques des retraits anticipés dans la LPP

L’étude de UBS GWM met particulièrement en évidence l’avantage que constitue une épargne individuelle constituée de bonne heure dans le cadre du pilier 3a pour la constitution des fonds propres nécessaires à l’achat d’un bien immobilier. Alors qu’il convient de ne pas sous-estimer les risques d’un retrait de capital de la caisse de pension pour l’achat d’un bien immobilier: rentes souvent réduites et protection généralement moindre contre les risques d’invalidité et de décès pendant la vie active.

Classes moyennes concernées au premier chef

L’étude de UBS GWM est illustrée par des exemples de familles de la classe moyenne dans différentes configurations de revenus annuels (de 120.000 à 250.000 francs) et de fortunes disponibles ainsi que de phases de la vie (de 35 ans à 65 ans). L’évaluation des risques constitue bien sûr une dimension fondamentale de ce processus d’optimisation et de planification. Ces risques sont classés en trois catégories. Les risques personnels, les risques de redistribution et les risques de couverture.

Trois types de risques

Au chapitre des risques personnels, les auteurs rappellent que des prestations de prévoyance inférieures peuvent constituer un inconvénient très sérieux si les coûts de santé et de soins augmentent pendant la retraite. Car si la valeur du bien est incluse dans le patrimoine, le capital est lié après l’investissement. Selon la situation et la liquidité du marché, une cession éventuelle peut prendre du temps voire n’être réalisable que moyennant une perte financière. Au niveau des risques de redistribution, pour les catégories de revenus supérieurs, il est rappelé que le capital surobligatoire peut servir à l’assainissement d’une caisse de pension luttant pour sa survie. Et, en fonction de l’établissement de prévoyance, un capital de retraite réduit peut affecter la couverture des risques d’invalidité et de décès pendant la vie active. En pareils cas, une couverture complémentaire à titre privé (p. ex. assurance vie et invalidité) serait aussi dans l’intérêt des proches.

Piotr Kaczor

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