L'UE doit négocier avec Poutine, estime Magdalena Martullo-Blocher

La patronne de EMS Chemie et vice-présidente de l'UDC s'inquiète de l'impact en Europe et en Suisse des sanctions contre la Russie.

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«Je me fais beaucoup de soucis pour l'Union européenne, mais aussi pour la Suisse, car l'UE est le plus grand débouché de la Suisse.»

La vice-présidente de l'UDC Magdalena Martullo-Blocher juge que l'Europe doit négocier un approvisionnement stable en gaz et la paix en Ukraine avec le président russe Vladimir Poutine. A ses yeux, les sanctions occidentales contre la Russie nuisent avant tout à l'UE.

«Je me fais beaucoup de soucis pour l'Union européenne, mais aussi pour la Suisse, car l'UE est le plus grand débouché de la Suisse», a déclaré Mme Martullo-Blocher dans une interview publiée samedi par la Neue Zürcher Zeitung.

La conseillère nationale considère que la réduction des exportations de gaz de la Russie vers les pays de l'UE a encore fait grimper le prix du gaz, ce qui fait à son tour augmenter l'inflation. «L'amère vérité est que les sanctions actuelles touchent désormais l'Europe plus durement que Poutine lui-même», constate la cheffe d'entreprise.

Une solution de paix n'entraînerait pas l'abandon de «nos valeurs»

Mme Martullo-Blocher demande que l'Europe négocie avec Vladimir Poutine un approvisionnement stable en gaz au moins jusqu'au printemps 2023 et la paix. Mais au lieu de cela, les dirigeants des Etats membres de l'UE se rendent en Ukraine et font miroiter des moyens financiers supplémentaires, qu'ils n'ont pas, pour des armes ainsi qu'une adhésion à l'UE, déplore-t-elle.

Une solution de paix n'entraînerait pas l'abandon de «nos valeurs». «Au contraire. La paix est une valeur européenne», s'est justifiée l'élue UDC. Les conditions peuvent et doivent être négociées. «Mais une paix est certainement toujours préférable à une guerre!», conclut la vice-présidente. (ATS)

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