Les cryptomonnaies affaiblissent les sanctions économiques de Washington

Washington juge nécessaire de moderniser son système de sanctions économiques et financières, dont l'efficacité est affaiblie notamment par le développement des cryptomonnaies.

Keystone
Le secrétaire adjoint au Trésor Wally Adeyemo doit être entendu par la commission bancaire du Sénat sur ce sujet mardi à 10H00.

"Si les sanctions restent un outil politique essentiel et efficace, elles sont également confrontées à de nouveaux défis, notamment les risques croissants liés aux nouveaux systèmes de paiement, l'utilisation croissante des actifs numériques et les cybercriminels", a indiqué lundi le Trésor américain dans un communiqué, jugeant nécessaire de moderniser son système de sanctions économiques et financières.

Les sanctions prises par le Trésor visent à empêcher des personnes ou entités étrangères, accusées par exemple de menacer la sécurité américaine ou d'entraver les droits humains dans leur propre pays, d'avoir accès au système bancaire et financier américain.

Mais "les innovations technologiques telles que les monnaies numériques, les plateformes de paiement alternatives et les nouvelles façons de cacher les transactions transfrontalières réduisent toutes potentiellement l'efficacité des sanctions américaines", détaille dans son rapport le Trésor, équivalent du ministère de l'Economie et des Finances.

Ces technologies offrent aux acteurs malveillants des opportunités de détenir et de transférer des fonds en dehors du système financier traditionnel basé sur le dollar
Issu du rapport du Trésor américain


"Ces technologies offrent aux acteurs malveillants des opportunités de détenir et de transférer des fonds en dehors du système financier traditionnel basé sur le dollar", est-il encore précisé.

"Nous sommes conscients du risque que ces actifs numériques et systèmes de paiement puissent nuire à l'efficacité de nos sanctions s'ils ne sont pas contrôlés", ajoute le Trésor.

Le secrétaire adjoint au Trésor Wally Adeyemo doit être entendu par la commission bancaire du Sénat sur ce sujet mardi à 10H00 (14H00 GMT).

"Le Trésor doit moderniser son infrastructure de sanctions, sa technologie et ses effectifs pour s'adapter à l'évolution des menaces des cybercriminels, des rançongiciels et autres", devrait-il souligner d'après son discours publié lundi soir.

Il relèvera également l'importance d'agir, "quand c'est possible", en "coordination et collaboration avec (les) alliés" des Etats-Unis.

M. Adeyemo indiquera également qu'"à la lumière de l'interconnexion croissante de la finance mondiale, du commerce et des chaînes d'approvisionnement, il est essentiel que le Trésor utilise un cadre rigoureux pour orienter ses recommandations sur l'imposition de sanctions économiques et financières".

Les Etats-Unis ont largement accru leur recours aux sanctions économiques depuis les attaques du 11 septembre 2001. Le nombre de sanctions a été multiplié par 10 en 20 ans, selon ce rapport, passant de 912 en 2000 à 9.421 en 2021.

"Les sanctions sont un outil fondamentalement important pour faire avancer nos intérêts de sécurité nationale", avait déclaré Wally Adeyemo dans le communiqué du Trésor. "Nous nous engageons à travailler avec des partenaires et des alliés pour moderniser et renforcer cet outil essentiel".(AWP)

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