La Confédération adopte sa nouvelle stratégie économique extérieure

Le Conseil fédéral a adopté mercredi une nouvelle stratégie, qui n'opère pas de réorientation fondamentale.

Keystone

Multilatéralisme, accès aux marchés internationaux et durabilité figurent au coeur de la politique économique extérieure de la Confédération. Le Conseil fédéral a adopté mercredi une nouvelle stratégie, qui n'opère pas de réorientation fondamentale.

La Suisse dispose de peu de ressources naturelles et d'un marché intérieur restreint, a rappelé le président de la Confédération Guy Parmelin devant les médias. Plus d'un franc sur trois provient du marché extérieur. Et sept salariés sur dix travaillent dans des entreprises actives dans le commerce international de marchandises.

«Le commerce extérieur joue un rôle central pour notre pays», a-t-il poursuivi. «La Suisse a donc intérêt à participer au marché étranger.» Grâce à sa politique d'ouverture, Berne est parvenue à s'intégrer dans l'économie mondiale et à tirer profit des chaînes de valeur internationales. Elle compte bien continuer dans cette voie.

Commerce ouvert

Sa nouvelle stratégie économique extérieure s'appuie sur cet acquis et fixe neuf champs d'action prioritaire. Parmi ceux-ci, le multilatéralisme a une place de choix. «Il reste un fondement important de la politique économique suisse.» Un système règlementaire international étendu permet une sécurité juridique et une stabilité, a pointé le ministre de l'Economie.

La Suisse plaide aussi pour un commerce ouvert et sans obstacle. Elle souhaite la réduction des droits à l'importation sur les biens industriels, des prescriptions techniques internationales appropriées, l'amélioration de l'accès aux marchés pour les produits agricoles, ainsi qu'un accès non discriminatoire aux marchés des services, aux marchés publics et pour les investissements.

L'Union européenne reste le principal partenaire de la Suisse, et le développement de la voie bilatérale la priorité. Berne évalue toutefois les moyens d'étendre et d'approfondir ses relations commerciales avec d'autres partenaires importants, comme les Etats-Unis ou la Chine.

Renforcer la résilience

Berne veut encore renforcer sa résilience. Au début de la pandémie de coronavirus, des retards de livraison ont eu lieu, a relevé Guy Parmelin. Aujourd'hui, certains secteurs font encore face à des difficultés d'approvisionnement.

«En Suisse, nous avons pu éviter de graves pénuries. Les relations commerciales établies et les bons contacts au niveau technique et diplomatique ont permis de maintenir l'approvisionnement. Nous devons maintenir et développer ce réseau de relations», a continué le Vaudois. Mais il faut aussi renforcer les conditions-cadre pour que les entreprises puissent diversifier leurs chaînes d'approvisionnement.

La stratégie comporte également un volet dédié au développement durable. Il s'agit notamment d'intégrer des dispositions, liées à la biodiversité, au changement climatique ou encore à l'utilisation durable des ressources naturelles, dans les futurs accords de libre-échange.

L'importance de la numérisation a encore été soulignée. Berne s'engage pour une circulation des données la plus libre possible en tenant compte de la protection des données.

La dernière stratégie datait de 2004. Depuis, le monde a massivement évolué, a rappelé Guy Parmelin. Des adaptations étaient nécessaires. (AWP)

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