L'économie tient plutôt bien le choc de la vague Omicron

Au niveau du chiffre d'affaires, seulement 8% des entreprises signalent une baisse, de 1% en moyenne, a indiqué ce mardi le vice-président de la Task Force scientifique Covid-19 de la Confédération.

Keystone
Avec presque 90%, Omicron est le variant dominant presque partout en Suisse.

Malgré des problèmes de personnel et de livraisons, l'économie supporte plutôt bien le choc de la vague Omicron, notamment pour ce qui est du chiffre d'affaires, a indiqué mardi devant la presse Jan-Egbert Sturm, vice-président de la Task Force scientifique Covid-19 de la Confédération. La prudence reste toutefois de mise avant d'alléger les mesures.

Entre 30% et 45% des entreprises font état de problèmes de personnel, a ajouté M. Sturm, avec 9% d'absentéisme en moyenne la semaine dernière, en hausse de 3 points de pourcent par rapport au 8 janvier. Les problèmes de livraisons sont toutefois jugés plus sérieux.

La gastronomie est à la peine, avec 20% d'établissements qui se disent menacés dans leur existence en janvier. Tous secteurs confondus, la situation est cependant moins grave que lors de la deuxième vague de la pandémie.

Au niveau du chiffre d'affaires, seulement 8% des entreprises signalent une baisse, de 1% en moyenne. Pour le professeur d'économie de l'EPF de Zurich, il s'agit toutefois de faire attention à d'éventuels effets de seuil si la situation devait s'aggraver du côté des pénuries de personnel.

Enfin, l'utilité des quarantaines et isolements a diminué dans le contexte actuel de forte incidence et contagiosité, et les supprimer pourrait améliorer la situation des entreprises, selon la Task Force. Il s'agit toutefois de rester prudents tant que la crête de la vague Omicron n'est pas passée.

Le sommet de la vague Omicron n'est pas encore atteint

La Suisse reste l'un des pays avec le taux d'incidence Covid-19 le plus élevé en Europe, selon Patrick Mathys, de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Il est donc trop tôt pour lever les mesures de protection.

Presque 42.000 cas positifs ont été enregistrés le 17 janvier, c'est la valeur la plus élevée depuis le début de la pandémie, a poursuivi mardi devant la presse le chef de la section Gestion de crise et collaboration internationale de l'OFSP. Au vu du taux de positivité élevé, on suppose que 100.000 personnes s'infectent en réalité chaque jour en Suisse.

Avec presque 90%, Omicron est le variant dominant presque partout en Suisse. Ce variant a quasiment évincé Delta, mais celui-ci continue de circuler. Les patients dans les hôpitaux sont d'ailleurs davantage atteints du variant Delta, puisque le déroulement de la maladie avec Omicron est plus bénin.

On a pu éviter jusqu'ici une surcharge des hôpitaux, "mais il est trop tôt pour se montrer euphorique et opérer un relâchement des mesures", a souligné M. Mathys.

Il n'est pas encore clair pourquoi, en Suisse, contrairement à d'autres pays européens, le nombre d'admissions à l'hôpital s'est presque complètement dissocié de celui des nouvelles infections. Mais on ignore si la situation dans les hôpitaux va se détériorer au cas où Omicron toucherait davantage la population plus âgée.

Le sommet de la vague n'est pas encore atteint, averti M. Mathys. Mais si tout le monde fournit un effort, on pourra la surmonter, notamment en se vaccinant et en recourant au "booster".

La vaccination des enfants reste recommandée, "nous ne savons pas ce qui vient encore". Le vaccin empêche les déroulements graves de la maladie, a-t-il rappelé. (AWP)

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