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Prévisions macroéconomiques revues à la baisse

La croissance du PIB helvétique est attendue à 2,5%, contre 2,8% précédemment et l’inflation à 2,8% en 2022 et 1,9% en 2023.

Les nuages s’amoncellent pour l’économie suisse, contraignant le Secrétariat d'Etat à l’économie à réviser ses prévisions macroéconomiques. Les principales coupables de cette détérioration des perspectives sont la guerre en Ukraine, qui a des effets plus importants que prévu, et la croissance en Chine, affaiblie par les mesures sanitaires contre le Covid.

Alors que les prévisions de croissance pour 2022 sont revues une nouvelle fois à la baisse, celles de l’inflation ont été relevées. Ainsi la croissance du PIB helvétique est attendue à 2,5%, contre 2,8% précédemment et l’inflation à 2,8% en 2022 et 1,9% en 2023. Ces estimations reposent toutefois sur l’hypothèse que l’économie mondiale continuera à progresser et que la guerre en Ukraine ne s’aggravera pas.

La propagation de l’inflation, au-delà des matières premières et des secteurs touchés par les contraintes d’approvisionnement, a poussé la Banque nationale suisse à agir, devançant la BCE dans son resserrement monétaire. La BNS a donc surpris les marchés jeudi matin en relevant de 50 points de base son taux directeur, à -0,25%. Une première depuis 2007. Elle a d’ailleurs laissé la porte ouverte à d’autres hausses pour endiguer une inflation qui continuerait de se propager.

Thomas Jordan, président de la BNS, a aussi déclaré que le CHF n’était plus très valorisé après sa récente dépréciation et que la BNS était prête à intervenir sur les marchés pour empêcher des fluctuations excessives. En effet, la vigueur du franc suisse avait permis d’atténuer l’impact de l’inflation sur le sol helvétique, car cela réduisait la hausse de prix à l’importation du carburant et des denrées alimentaires, ce qui est moins le cas actuellement.

La hausse des taux directeurs aura des répercussions sur les taux hypothécaires. Le taux de référence, qui est le Saron, est prévu à -0,51% contre encore -0,69% en mars et devrait passer en territoire positif sur 12 mois.

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Pierre-François Donzé