Les Bourses voient rouge au milieu d'une avalanche de résultats et d'indicateurs

Les Bourses européennes restaient sur la défensive vendredi midi dans le sillage d'une nouvelle baisse des indices en Asie et face à une avalanche de résultats et d'indicateurs pour la dernière séance du mois.

Keystone
Indicateur le plus attendu du jour, l'inflation américaine est restée stable en juin par rapport à mai.

Vers 12H30 GMT, la Bourse de Paris abandonnait 0,17%, Francfort 0,77%, Londres 0,82% et Milan 0,32%. A Zurich, le SMI était repassé au vert et gagnait 0,35%.

De son côté, après une clôture positive la veille, Wall Street devrait rebasculer dans le rouge à l'ouverture: vers 12H40 GMT, le contrat à terme sur le Dow Jones perdait 0,32%, celui sur le S&P 500 reculait de 0,73% et celui sur le Nasdaq de 1,16%.

Indicateur le plus attendu du jour, l'inflation américaine est restée stable en juin par rapport à mai: les prix ont, comme le mois précédent, augmenté de 4% sur un an et de 0,5% sur un mois.

Dans le sillage de cette publication, le taux américain à dix ans refluait légèrement tandis que ceux de la zone euro se stabilisaient après que l'inflation y a augmenté à 2,2% en juillet, au-dessus de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE).

Plus tôt en Asie, les Bourses sont repassées dans le rouge après avoir déjà connu un début de semaine très difficile en raison des dernières mesures répressives chinoises visant les secteurs de la tech et de l'éducation privée.

"Il n'est pas clair à ce stade si nous assistons au début d'un repli de fin d'été ou juste à un peu de prises de bénéfices après une semaine chargée en rendez-vous", commente Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Les publications de résultats foisonnent et "si les attentes du consensus sont dépassées, cela ne déclenchera aucune euphorie" car "la barre actuelle pour les entreprises est tout simplement trop haute", souligne Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

La major pétrolière ExxonMobil a fait état de résultats supérieurs aux attentes au deuxième trimestre grâce au rebond des prix du pétrole et du gaz.

La séance était aussi très chargée en indicateurs. Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a rebondi de 2% au deuxième trimestre par rapport au précédent, renouant avec la croissance.

L'activité manufacturière de la région de Chicago et l'estimation finale de la confiance des consommateurs (Université du Michigan) en juillet sont encore attendues outre-Atlantique.

Le voyage dans la tourmente

IAG (British Airways, Vueling, Iberia) chutait de 6,85% à 169,20 pence après avoir encore encaissé une perte massive au premier semestre.

A Paris, Air France-KLM cédait 2,34% à 4,01 euros. Le groupe aérien franco-néerlandais a encore perdu 1,48 milliard d'euros au deuxième trimestre, mais il constate de "premiers signes de la reprise" depuis juin.

A Madrid, le numéro un mondial des réservations de voyages Amadeus perdait 2,71% à 56,10 euros, après avoir publié une perte ajustée de près de 24 millions d'euros au deuxième trimestre, toutefois moins importante qu'aux trimestres précédents.

Les banques en ordre dispersé

A Paris, BNP Paribas perdait 1,31% à 51,39 euros malgré un bilan très robuste au deuxième trimestre.

A Milan, les titres d'UniCredit (+3,02% à 10,13 euros) et BMPS (+6,88% à 1,21 euro) étaient dopés après que la première a annoncé jeudi soir son intention d'entamer des négociations exclusives avec l'Etat italien sur le rachat d'une participation dans la deuxième.

La deuxième banque espagnole BBVA cédait pour sa part 1,15% à 5,35 euros. Elle a pourtant publié un bénéfice net trimestriel en hausse de 10%. Sa concurrente CaixaBank (-5,51% à 2,47 euros) a elle essuyé une perte nette de 605 millions d'euros, due au coût de la restructuration après le rachat de Bankia.

Fresenius medical Care déçoit

A Francfort, le groupe de santé spécialisé dans la dialyse reculait de 3,89% à 44,34 euros après des performances inférieures aux attentes au deuxième trimestre.

Du côté du pétrole, du bitcoin et de l'euro

Vers 12H30 GMT à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre était proche de l'équilibre (-0,03%) à 76,03 dollars par rapport à la clôture de la veille.

A New York, le baril de WTI pour le même mois reculait de 0,27% à 73,42 dollars.

Dans le même temps, l'euro se stabilisait face au billet vert (+0,06% à 1,1897 dollar).

Le bitcoin cédait 2,3% à 38.807 dollars.(AWP)


Inflation stable aux Etats-Unis

L'inflation aux Etats-Unis est restée stable en juin par rapport à mai, pour la première fois depuis des mois, tandis que les dépenses des ménages sont reparties en hausse notamment grâce à la réouverture des restaurants et hôtels. En juin, les prix ont, comme le mois précédent, augmenté de 4% sur un an et de 0,5% sur un mois, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce. Les prix à la consommation flambent depuis plusieurs mois, portés par la forte demande liée à la réouverture de l'économie et aux difficultés mondiales d'approvisionnement, et cette hausse des prix est moins forte qu'attendu, puisque les analystes attendaient 0,7% d'inflation sur un mois. En excluant les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, l'inflation dite sous-jacente s'établit à +0,4% sur un mois et +3,5% sur un an. Le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, mais aussi le FMI, qui assurent depuis des mois que cette inflation ne devrait être que temporaire, ont reconnu cette semaine qu'elle pourrait être plus forte et durable que prévu. Par ailleurs, la réouverture des services grâce à la vaccination a fait grimper de 1% les dépenses des ménages, après avoir reculé de 0,1% en mai, selon des données révisées en légère baisse. Ils sont notamment allés manger au restaurant, ou sont partis en vacances et ont dormi à l'hôtel. Les dépenses en produits pharmaceutiques et essence ont également grimpé. Leurs revenus en revanche sont quasi-stables par rapport à mai (+0,1%). L'économie américaine a retrouvé au deuxième trimestre son niveau d'avant-crise, malgré une croissance décevante du PIB, +6,5% en rythme annualisé, qui compare au trimestre précédent puis projette l'évolution sur l'année entière à ce rythme, selon la première estimation du département du Commerce publiée jeudi. Et le variant Delta du Covid-19 menace désormais la reprise économique. La croissance est de 1,6% par rapport au trimestre précédent, mode de calcul utilisé par d'autres pays. C'est moins que la croissance de la zone euro, dévoilée vendredi, et qui a atteint 2% au deuxième trimestre; celle de la Chine, grand rival des États-Unis, a été de 1,3%.

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