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Le potentiel haussier du dollar

Plusieurs facteurs plaident pour un raffermissement du billet vert à court terme. Tour d’horizon.

La parité des pouvoirs d’achat (PPA) est un bon indicateur de la relation entre deux monnaies à long terme. Elle signifie que le cours de change compense à long terme le différentiel d’inflation sur les biens négociables entre deux zones monétaires. La monnaie avec la plus forte inflation doit alors se déprécier.

Cette année, les prix à la production ont progressé bien plus fortement aux états-Unis qu’en Suisse. La PPA USD/CHF est alors descendue à 0,84. Le cours d’équilibre USD/CHF est donc nettement inférieur au cours actuel de change au comptant. Ainsi, le franc devrait, à long terme, significativement s’apprécier par rapport au dollar.

Toutefois, plusieurs facteurs plaident plutôt pour un raffermissement du billet vert à court terme. Tour d’horizon.

La récente progression des rendements américains devrait se poursuivre et augmenter la majoration du dollar par rapport à l’euro, au franc suisse et au yen. En outre, l’amélioration constante du marché du travail, alliée à la solide croissance, devrait inciter la Réserve fédérale américaine (Fed) à réduire son programme de rachat d’obligations.

En dépit du déficit croissant de la balance courante ainsi que des importants déficits budgétaires, cette évolution devrait soutenir le dollar. La Banque centrale européenne, la Banque nationale suisse et la Banque du Japon sont de surcroît bien moins prêtes que la Fed à relever leurs taux.

Euro et yen pénalisés

Le ralentissement de la croissance mondiale d’ici mi-2022 pénalise les monnaies cycliques telles que l’euro et le yen. En Chine, on s’attend à ce que la croissance ralentisse au quatrième trimestre en comparaison annuelle, pour s’établir à 4%. En Europe, la récente augmentation des prix de l’énergie fait désormais partie des problèmes qui se posent…

Les Etats-Unis, en tant qu’exportateur net de combustibles, profitent de la hausse des prix de l’énergie, à l’inverse des importateurs nets que sont l’Asie et la plupart des pays européens. Au vu de leurs stocks minimes de gaz naturel, l’augmentation des prix du gaz, ainsi que du charbon, constitue un défi majeur pour l’Europe et la Chine.

Au quatrième trimestre, les investisseurs devraient conserver leurs positions longues en USD et profiter des accès de faiblesse du dollar pour en ouvrir de nouvelles vis-à-vis du yen, de l’euro, du franc suisse ou encore des monnaies des pays émergents.

Ceux qui peuvent exploiter la faible volatilité des options sur EUR/USD, USD/JPY et USD/CHF se verront offrir par ces parités la possibilité d’établir un profil de rendement asymétrique penchant pour un dollar fort au cours des six prochains mois.

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Daniel Kalt / James Mazeau

UBS Global Wealth Management Chef économiste suisse / Chief Investment Office (CIO)