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Le biais plus prudent des investisseurs

Le débat sur l’inflation continue de créer un environnement de marchés nerveux.

Le débat sur l’inflation, qui n’est toutefois pas à un niveau préoccupant, continue de créer un environnement de marchés nerveux. Les craintes concernent surtout un ajustement potentiel de la politique monétaire de la Fed, avec une réduction du rythme de ses rachats d’actifs, dans la seconde partie de l’année si la trajectoire haussière des prix s’avérait plus forte et durable que prévu. L’indice manufacturier ISM, au plus haut depuis 2008, a accru les tensions. Il reste que l’évolution du marché de l’emploi, loin encore du niveau pré-pandémie, sera l’élément clef pour déclencher un resserrement monétaire.

Des indices boursiers peu dynamiques

Beaucoup de bonnes nouvelles, comme les excellents résultats des entreprises sont sans doute dans les cours, ce qui explique un biais plus prudent des investisseurs et des indices boursiers peu dynamiques. Ces derniers jours, le marché américain s’est inscrit légèrement en hausse, avec les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage au plus bas de la pandémie. Les valeurs cycliques étaient plutôt en repli tandis que les pharmas et les grandes technologiques sont venues en soutien. Sur les principaux indices, on note le retour en faveur des titres de qualité, ceux qui affichent des bénéfices.

La tranquillité montrée par quelques membres de la Fed sur le front de l’inflation, tout comme le bon développement des campagnes de vaccinations, laissent entrevoir une reprise économique globale significative. Sur le front macro, le PIB allemand pour le premier trimestre 2021 a cependant été revu en légère baisse, à -3.1% sur un an, freiné par le repli important de la composante consommation.

Le rappel à l’ordre de la Chine

Pékin veut donner un tour de vis pour contrôler le renchérissement des matières premières, notamment le prix des métaux, car il pèse sur les coûts de production. La spéculation ne sera pas tolérée. Il en va de même pour les cryptomonnaies. Interdiction est faite aux institutions financières de proposer des services dans ce domaine et la réglementation sur le «minage» et les échanges de bitcoins sera renforcée. 

Ce rappel à l’ordre, après le volte-face d’Elon Musk, déclarant ne plus accepter le paiement des achats de véhicules Tesla en bitcoin, quelques jours auparavant, a créé un vent de panique. Ceci a précipité la chute de nombreuses cryptomonnaies, montrant que ce sont des investissements à caractère très spéculatif. Par ailleurs, pour renforcer la conformité fiscale, les Etats-Unis veulent aussi que les avoirs en cryptomonnaies dépassant 10.000 dollars soient déclarés à l’administration fiscale. Face à des perspectives économiques et financières qui restent incertaines, le métal jaune a bien tiré son épingle du jeu, jouant bien son rôle de protection et de diversification.


Le boom de Sonova

Le titre Sonova a connu un grand succès auprès des investisseurs après la publication de ses résultats. Le cours s’est envolé de plus de 21% la semaine dernière. Le leader de l’appareil auditif a surpris en annonçant un bénéfice net de 585,3 millions de francs contre 565,4 millions attendu, malgré un chiffre d’affaires en baisse de 10,8% à 2,60 milliards (2,59 attendu). Ses trois activités ont renoué avec la croissance au second semestre de l’exercice, avec des ventes en hausse de 6,6% en monnaies locales. La grosse part des revenus provient des instruments auditifs Phonak, avec 1,43 milliard, notamment grâce au contrat avec le Department of veterans affairs aux Etats-Unis qui représente 56% des recettes. Quant aux divisions des implants cochléaires et de l’audiological Care, elles se sont effritées de 15,9% et 8,7% respectivement. La dynamique commerciale s’est fortement accélérée au deuxième semestre avec la région de l’Asie-Pacifique où les ventes ont rebondi de 3,7%, alors que l’Europe (-6%) et les Etats-Unis (-10,8%) ont pesé sur le chiffre d’affaires. Au niveau stratégique, Sonova a signé un accord pour l’acquisition de la division Grand Public de l’allemand Sennheiser. Ce rachat permettra au groupe d’étoffer sa gamme de produits avec des casques sans fils et ainsi capter les consommateurs plus tôt. La direction se veut confiante pour le prochain exercice misant sur une forte reprise de l’activité érodée par la pandémie et jouissant de sa position de leader du marché, elle prévoit ainsi un chiffre d’affaires en hausse de 24-28%. Dans la foulée, le dividende a été augmenté à 3,20 francs et le programme de rachat d’actions suspendu en 2020, a été ravivé pour 700 millions de francs. Les estimations de bénéfice pour 2022 ont également été relevées de 30%.

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Karine Patron